Santé, Solidarité

Coronavirus : jusqu’à 20 interventions par jour pour les pompiers boulonnais

Depuis le début de la crise du coronavirus et malgré le confinement, les sapeurs-pompiers boulonnais restent mobilisés. Enchaînant désormais 120h de garde d’affilée, ils sont en première ligne pour venir au secours des Boulonnais, aussi bien atteints du virus que pour toutes les autres urgences. Rencontre avec le capitaine Nicolas N., commandant de la 16e compagnie basée à Boulogne-Billancourt.

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Depuis le confinement et la crise sanitaire du coronavirus, comment ont évolué la nature et le nombre des interventions des pompiers à Boulogne-Billancourt ? 

"Les sapeurs-pompiers de Paris sont mobilisés à leur maximum pour répondre à la crise. Depuis le 12 mars, les interventions liées aux cas Covid-19 (suspects ou avérés) n’ont pas cessé d’augmenter de jour en jour. Certaines journées, sur l’ensemble de la 16e compagnie, nous avons fait jusqu’à 20 interventions exclusivement sur le sujet. 

Dans le même temps, même si l'on peut observer une baisse des interventions courantes, nous avons continué à assurer le reste de nos missions. Nous devons absolument maintenir notre capacité incendie, car nous sommes les seuls à pouvoir le faire. Il n’y a pas d’autres services publics ou privés qui pourraient prendre le relais." 

Je tiens à remercier les entreprises et les commerçants qui nous offrent des viennoiseries et autres produits, comme de la crème pour acoucir les mains suite au nombreux lavages. Tout ce soutien nous aide beaucoup : la population boulonnaise est toujours bienveillante à notre égard !

Quelles mesures de protection les pompiers prennent-ils désormais pour le secours aux victimes  ? 

"Aujourd’hui, sur chaque secours d'urgence aux personnes, nos personnels partent équipés a minima de masques et gants. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, ne pas se présenter sans protection sur une intervention qui ne pas laisse présager de cas COVID-19, mais finalement en est un. Respecter ensuite une distanciation et une protection entre les pompiers dans le même engin. Enfin, dès lors que nous savons dès le départ qu’il s’agit d’un cas suspect ou avéré COVID, nous nous équipons en outre d’une tenue BIO renforcée avec sur-blouse, charlotte, sur-chaussures, lunettes, masque et gants." 

Quels principaux changements avez-vous effectués dans votre organisation ? 

"Afin de limiter les allers-retours de nos sapeurs-pompiers, qui viennent des quatre coins de la France, nous avons changé le rythme de travail. Chaque sapeur-pompier enchaîne a minima 120 h de garde (24h/24) avant d’avoir un repos plus conséquent ensuite. Certains d'entre eux ne peuvent plus rentrer chez eux faute de train. D’autres ne veulent pas risquer de contaminer leurs familles et font également le choix de rester à Boulogne-Billancourt. 

Nous respectons au sein de la caserne une distance de plus d’un mètre, que ce soit en sport, en manœuvre ou pendant les repas. Nous désinfectons plusieurs fois par jour les points de contact comme les portes et interrupteurs, et nous appliquons les gestes barrières. Nous avons fermé le foyer pour limiter les temps de contact entre le personnel. Nous avons adapté notre formation professionnelle pour assimiler toutes les procédures d’intervention relatives au COVID-19. Enfin, nous avons supprimé ou repoussé jusqu’à la fin de la crise les formations d’avancement, les activités non opérationnelles ainsi que les permissions." 

Un dispositif renforcé en conséquence par les militaires

"Depuis le 1er avril, nous avons le renfort de trois militaires du 1er régiment médical de la Valbonne dans le cadre de l’opération  Résilience. Ils sont là pour 15 jours et prennent la place d’un sapeur-pompier dans les véhicules de secours aux victimes. Il faut surtout comprendre que cette organisation doit s’inscrire dans la durée. Le rythme de vie de la caserne reste perturbé et le risque pour mes sapeurs-pompiers est bien réel. Je leur demande de ne jamais baisser la garde et de rester vigilants." 

La brigade de sapeurs-pompiers de Paris depuis le début de la crise 

  • Les armées sont engagées auprès de la population, notamment par l'action des militaires de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et ont réalisé depuis le 1er février plus de 6 000 interventions liées au Covid-19 (cas suspects ou avérés). 
  • Sur Paris et les trois départements de la petite couronne, les pompiers sont au coude à coude avec les urgentistes du SAMU et l'ensemble du milieu hospitalier. La BSPP s’inscrit donc pleinement dans l’opération  Résilience des armées. 
  • Le Covid-19 provoque plus de 2 500 appels quotidiens et plus de 400 interventions par jour. La réponse pré-hospitalière de la BSPP concourt indéniablement à la réponse médicale des hôpitaux. 

4 entités des pompiers de Paris appuient au quotidien le personnel soignant de l’AP-HP, tant pour la réponse urgente  que pour le conseil non urgent

  1. L’opérateur 18/112, premier maillon de la chaîne de secours, conseiller incontournable pour la bonne orientation du requérant.  
  2. L’équipe de secouristes en véhicules de secours à victimes, envoyée dans les 10 minutes pour la prise en charge de la réponse urgente. 
  3. L’équipe infirmiers, nouveau vecteur paramédical récemment mis en place par la BSPP, complétant utilement la réponse urgente, notamment pour le Covid-19.  
  4. L’équipe médicale capable de réanimation, aujourd’hui très sollicitée (de 30 à 50 départs en 24 heures).