Tournage du "Trésor du petit Nicolas", de Julien Rappeneau, le 21 septembre 2020.
"La ville a l’avantage de posséder plusieurs types d’architecture", commente le régisseur du film.

Cinéma, Médias, Vie de quartier

Ça tourne toujours à Boulogne -Billancourt !

Des films légendaires ont longtemps été tournés à Boulogne-Billancourt. Aujourd'hui, la ville, par sa diversité, continue de séduire le cinéma. Clips, longs métrages, publicités… Les sociétés de production sollicitent régulièrement la mairie pour des demandes de tournage.

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Quel est le point commun de ces chefs d’oeuvre du 7e art : La Grande Illusion et Madame Bovary, de Jean Renoir, Hôtel du Nord, de Marcel Carné ? Ils ont été tournés à Boulogne-Billancourt ! 

Dès 1922, les célèbres studios de Billancourt (siège de Canal+ depuis 1995), puis ceux de Boulogne, fondés en 1941 (aujourd’hui Canal Factory), accueilleront plus de 300 longs métrages. C’est là que Billy Wilder a tourné son merveilleux Ariane avec Gary Cooper et Audrey Hepburn, joli marivaudage dans les chambres du Ritz reconstituées grâce au décor d’Alexandre Trauner. Cent ans plus tard, ces souvenirs ont fait de Boulogne-Billancourt la ville du cinéma et un environnement de choix. Le grand réalisateur Michel Deville, qui y est né en 1931, n’en est jamais parti, trouvant dans les nombreux quartiers des décors puissants et originaux. Il a tourné des séquences à la patinoire ou à la mairie. Les équipes de tournage apprécient la diversité de Boulogne-Billancourt.

"Cette ville a l’avantage de posséder plusieurs types d’architecture", dit Laurent Perrot, régisseur de la société Curiosa, qui a travaillé sur Le Trésor du petit Nicolas, de Julien Rappeneau, avec Jean-Paul Rouve et Audrey Lamy, dont la sortie est prévue en octobre 2021.

Trouver un parc avec un arbre qui plaise au réalisateur

On passe d’une petite ville à quelque chose de moderne, des centres d’affaires. C’est un condensé de ce que l’on peut retrouver à Paris, en plus petit et plus charmant.

C’est la quête d’un arbre qui l’a amené à Boulogne-Billancourt. "Il fallait trouver un parc avec un arbre qui plaise au réalisateur pour son côté esthétique. Nous avions besoin d’une présence urbaine pas trop marquée par rapport à l’époque.". Des dizaines d’éclaireurs l’ont cherché partout et longtemps, cet arbre si important. Tant d’énergie pour une seule journée de prises de vue (sur les deux mois de tournage) et quelques minutes à l’image ! "Mais une séquence importante, car elle clôt le film", précise Laurent Perrot. C’est à travers cet arbre que le petit Nicolas imagine son futur. Ils ont fouillé tous les parcs de la région parisienne, avant de découvrir le parc de Billancourt et d’y trouver leur bonheur. Nous ne saurons pas l’emplacement exact, ni l’espèce du végétal. Les équipes de tournage sont des magiciens qui cachent leurs tours de cartes. Un sculpteur est intervenu pour prendre des empreintes de l’arbre, créer un clone et l’utiliser dans un autre décor. Il faisait beau ce jour-là. S’il en a l’occasion, Laurent Perrot emmènera d’autres équipes. "La mairie nous a aussi beaucoup aidés."  C’est ce que les cinéastes disent : Boulogne-Billancourt, habituée aux tournages, réagit au quart de tour. La municipalité reçoit annuellement une soixantaine de demandes de tournage de la part des sociétés de production et sait répondre aux demandes parfois imposantes sans gêner le voisinage.

Je connais la ville pour l’avoir sillonnée à vélo. Elle s’est beaucoup transformée, dans le bon sens, s’enthousiasme le producteur de Fastprod, Jean-François Moussié.

Il y a produit et tourné une publicité pour le vendeur de voitures d’occasion Distinxion. Le film ne dure que quelques minutes, mais il a nécessité une longue mise au point entre 19 et 23 heures, non loin du cours de l’Île-Seguin, en face de l’avenue Pierre-Lefaucheux. Le réalisateur Aymeric Colleta voulait un plan de jour et un autre de nuit. On peine à reconnaître une rue, mais ils l’ont choisie à cause de l’ambiance chaleureuse de la ville que l’on sent à travers ces furtives images derrière la jeune femme au volant. "Nous avions établi nos quartiers au Café Seguin. Un plaisant souvenir !"

Les joueurs du Paris Saint-Germain auront également emporté quelques jolies sensations après avoir participé à un clip promotionnel pour Adidas en décembre 2019, du moins ceux qui sont sous contrat avec la firme : Di Maria, Draxler, Sarabia… La société HVH Productions cherchait un stade qui rende bien à l’image, sans trop d’entrées, pour des questions de sécurité. Le stade Le Gallo fut le meilleur endroit.

Quand on veut un stade haut de gamme, on va au stade Le Gallo. Depuis qu’il a été refait à neuf, ce stade est très beau, très design, avec sa matière noble, le bois, explique le directeur Jim Schachmes. Il est très épuré, coloré. Et puis, il est pratique pour nous. J’essaie d’y retourner pour la nouvelle saison.

 Il ne faisait pas très chaud, mais les joueurs habitués à jouer dans le froid ont bien rempli leur tâche. Le clap de fin vient également de résonner pour le film À nos âges, avec Thierry Lhermitte et Patrick Timsit. Des scènes ont été tournées au Maroc, à Sanary-sur-mer et à Boulogne-Billancourt, où est né Thierry Lhermitte il y a 68 ans. L’oeuvre aborde le sujet difficile de la retraite... Un tourment que n’est pas près de vivre notre ville, place forte du cinéma depuis bientôt un siècle !
Stéphane Koechlin

Pour toute demande de tournage, les sociétés de production doivent adresser un dossier à la mairie en indiquant les lieux, dates, horaires, durée du tournage et le synopsis, ou encore la liste des véhicules utilisés. Une fois les autorisations accordées, elles doivent s’acquitter d’une redevance pour occupation du domaine public. Renseignements : 01 55 18 53 00.