Santé, Solidarité

SOS Amitié en première ligne contre le COVID-19 à Boulogne-Billancourt

Avec la crise liée au coronavirus, la plateforme d’écoute SOS Amitié, située à Boulogne-Billancourt depuis 60 ans, enregistre une forte augmentation des appels de personnes angoissées. 

Publié le

Soixante ans est un bel âge… Mais quand le pasteur Jean Casalis ouvrit la première ligne téléphonique de SOS Amitié dans un petit appartement de Boulogne-Billancourt, rue Heyrault, il n’imaginait pas que son idée durerait si longtemps. Ils sont aujourd’hui une quarantaine à se relayer 24h/24 pour essayer de redonner le moral à des interlocuteurs en mal de vivre. Parmi eux se trouvent beaucoup de jeunes. Un "chat" en ligne a même été installé à côté du sacro-saint téléphone.

L'association est née à Boulogne-Billancourt

En s'inspirant de l'existence des Samaritans en Angleterre, Jean Casalis fonda la première association S.O.S Amitié à Boulogne-Billancourt, en 1960. Au fil des années, d'autres lieux d'écoute verront le jour partout en France sous forme d'associations régionales. Il deviendra alors nécessaire de créer une structure fédérale : c'est alors qu'est née la Fédération S.O.S Amitié, reconnue d'utilité publique le 15 février 1967. A ce jour, elle regroupe 44 associations régionales, soit 50 postes découte. 

SOS Amitié en première ligne face au COVID-19

Et puis, comme une tempête, est arrivée la crise du coronavirus. Le bateau SOS, durement secoué, a tenu bon. Face à la recrudescence des appels, il a fallu prendre des dispositions. Tandis que d’autres refuges ne répondaient plus, SOS Amitié est resté sur le pont, de très nombreux volontaires se proposant pour tenir les lignes téléphoniques à leur propre domicile ­— confinement oblige.

Au lieu d’être au poste de la rue Heyrault, vous recevez au milieu de votre vie des appels lourds, angoissés de gens suicidaires. Vous n’avez plus ce sas de décompression. Il faut être solide. 

Le taux d’anxiété est monté d’un cran depuis le confinement et le décompte funèbre des morts sur les chaînes d’infos. "Nous vivons des échanges uniques parce que cette fois, nous sommes nous-même exposés. En effet, certains de nos écoutants sont touchés personnellement ou dans leur entourage. Nous avons aussi reçu beaucoup d’appels de citoyens qui voulaient aider et devenir écoutants. Mais on ne s’improvise pas comme ça. Il faut des mois de formation", raconte Jean-Jacques Pirez, président de la section régionale. 

SOS Amitié en chiffres :

  • 700 000 appels par an
  • plus de 200 000 heures d'écoute par an
  • plus de 1 600 bénévoles écoutants formés

Besoin d'aide ? Appelez SOS Amitié Île-de-France au 01 42 96 26 26 (accueil ligne d'écoute 24h/24 urgence). Consultez aussi note rubrique COVID-19 Solidarité