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Manolo Chrétien : "20 années lumières" à la galerie Arnaud Bard

Pour célébrer l'anniversaire de ses vingt ans de photographies plasticiennes, Manolo Chrétien confie à la Galerie Arnaud Bard de Boulogne Billancourt une sélection de pièces uniques, issues de sa collection personnelle : "20 années lumières", du mercredi 4 au dimanche 15 novembre 2020.

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Du mercredi 4 au dimanche 15 novembre 2020
Galerie Arnaud Bard de Boulogne Billancourt > Horaires & informations  
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  • Afin de privilégier les collectionneurs, chaque tirage sera accompagné d’un certificat collector inédit et spécifique, ainsi que d’une numérotation spéciale «  20 années lumières  ».

"Passant un été en 1990 entre Trébeurden et Trégastel avec une très bonne bande de copains, il nous arrivait de confondre les jours et les nuits, à trop faire la fête.
Au cours d’une de ces fiestas tardives, où nous refaisions le monde, je m’échappais au bord de la plage pour prendre l’air et retrouvais un ami de notre bande, en train de contempler le ciel. Jean-Baptiste me décrivit les constellations et les étoiles, en les nommant une à une. Impressionné, je demandais à cet ami d’où lui venait cette grande culture des étoiles. Il me répondit : «  mon père est cosmonaute  ». Moi, de rétorquer «  oui, oui, bien sûr…  ». Il me répéta : mon père est vraiment cosmonaute, c’est Jean-Loup Chrétien ». Restant sans voix, les yeux écarquillés et rempli de curiosité et d’envie, je touchais au plus près au monde de l’espace. Ce moment restera gravé à jamais dans ma mémoire. J’effleurais comme une comète cette formidable porte sur le ciel qui s’ouvrait à moi, qui étais admiratif de la conquête spatiale depuis mon enfance.
Vingt ans après, au cours d’un été sur l’Ile de Ré, je fus soufflé en prenant «  le nez d’un avion en pleine gueule  », découvrant à travers la vitrine d’une galerie, le travail atypique d’un photographe plasticien nommé Manolo Chrétien. Ma mémoire fit volte-face et me renvoya à la rencontre avec son frère vingt ans plus tôt. En une fraction de seconde, je décidais de contacter cet artiste en lui relatant mon histoire et l’invitait à présenter ses clichés et à collaborer avec notre galerie.
Ce fut le début d’une très belle aventure. Cela fait maintenant plus de 10 ans que nous partageons ensemble la haute altitude forte de ses clichés rendant hommage aux machines volantes avec un angle de vue qui lui est propre, et qui le sort des biais habituellement présentés. Explorant sans cesse la dynamique des fluides générés par la gravitation terrestre, il nous emmène aussi bien sur les plus grands tarmacs du globe qu’à New York en revisitant son architecture par le reflet des structures rivetées des camions UPS. Également grand défenseur de la nature, il nous emmène de la Loire à l’Atlantique pour finir sur les crêtes des vagues qui se cassent en toute translucidité. Bravo. Quel talent !
Manolo nous invite aujourd’hui à l’anniversaire de ses «  20 années lumières  » avec une sélection de clichés et de pièces uniques EA 1 / 1."              - 
A. Bard.

Entretien avec l'artiste

A quel moment as-tu senti que tu deviendrais photographe ? 

Manolo Chrétien : Le jour où mon père, alors à l’entraînement à la Cité des Étoiles à Moscou en 1984, m’a offert un appareil photo LOMO chargé d’une pellicule 24 poses lors de ma visite sur la base. J’ai immédiatement été séduit par l'idée du cadrage, de la composition. La passion du détail des engins qui m’entouraient est née à cet instant.

Quels sont tes rituels dans ton atelier, avant de te mettre au travail ? 

M. C. : J’ai la chance d’avoir un atelier exposé au sud avec de grandes surfaces vitrées. Il surplombe la Loire et chaque matin, dès l’instant où j’ouvre mes volets, je m’émerveille du spectacle offert par ce grand fleuve sauvage pendant plusieurs minutes, c’est un moment de méditation et de concentration essentiel.

Quelle est l’inspiration à l'origine de tes créations ?

M. C. : Ma vie artistique est totalement liée à la gravitation terrestre et à ses effets sur notre environnement. Je suis habité par la dynamique des fluides, c’est le moteur de ma création.

Quel message transmets-tu à travers tes toiles ?

M. C. : J’essaie d’être fidèle à mes émerveillements, de transmettre mes sensations lors de la découverte d’un lieu, d’un objet, d’un instant unique.

Avec quel mentor aimerais-tu partir sur une île déserte et pourquoi ?

M. C. : En dehors de ma muse Céline-Pia, sans qui je ne suis rien, je partirais avec tous les livres de Saint-Exupéry, Christian Bobin et François Cheng, et tous les albums de Frédéric Chopin, Jean-Sébastien Bach et Radiohead.

As-tu une anecdote à nous livrer ?

M. C. : L'un de mes plus beaux souvenirs de clichés reste le jour où, lors de mon premier voyage photographique à Tucson, en Arizona, par un soir de fin d’orage, je me suis engagé totalement par hasard sur un chemin de sable dans le désert. Après quelques kilomètres dans un spectacle digne d'un film de Wim Wenders, je suis tombé sur un magnifique cimetière d’avions, au bord duquel se trouvait un "casseur" d’aéronefs et autres engins, qui m’a donné l’impression qu’il avait tout orchestré pour me permettre le cliché de mes rêves : positionnement des épaves, lumières, couleurs, tout y était… Je n’avais plus qu’à cadrer !