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Rencontre-signature : Ludovic Carême, Brésils - "Sao Paulo" et "Amazonie"

Initial Labo vous présente les deux ouvrages du photographe Ludovic Carême sur le Brésil : "Sao Paulo" et "Amazonie", aux Editions La Nouvelle Chambre Claire, un portrait sans concession du Brésil actuel et de la forêt primaire, samedi 19 décembre entre 14h et 16h.

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> Samedi 19 décembre entre 14h et 16h 
> Initial Labo : 62, avenue Jean-Baptiste-Clément
> Voir aussi le même jour : Pierre-Elie de Pibrac et Matthieu Depardon

Brésils – São Paulo

Habitant depuis plus de dix ans au Brésil, Ludovic Carème nous livre dans cet ouvrage un portrait sans concession du pays actuel. Il s’est intéressé à la ville de São Paulo, et plus particulièrement aux habitants de la favela Agua Branca, qui sont des travailleurs pauvres piégés entre les harcèlements policiers constants et l’impossibilité de se loger malgré leur emploi. Ses portraits puissants témoignent d’une exclusion d’une partie de la population et des écarts sociaux gigantesques qui ne cessent de se creuser. Arpentant la ville, il rend également compte des moradores da rua, ces sans-abris hors du système qui disparaissent sur les trottoirs au milieu des immeubles abandonnés du centre ville de São Paulo.  Préface et postface de Christian Caujolle et Raquel Rolnik, photos en noir et blanc.

Peuplée de travailleurs précaires vivant dans des baraques en planches, la favela donnait à voir la lassitude, le désespoir, la violence de la misère.Ludovic Carème publie simultanément un deuxième ouvrage sur son travail au Brésil : "Amazonie", sur la forêt primaire et ses exploitations de caoutchouc le long du fleuve Amazone.

Brésils – Amazonie

Le photographe décide de faire à rebours le chemin de ceux qu'il a encontrés dans cette favela. Il part voir là où cela commence, aux origines de l'exode, dans la luxuriance de la forêt amazonienne. "Agua Branca" est aussi le nom des eaux argileuses charriées par certains affluents de l'Amazone. En remontant le courant et le temps, Ludovic Carème arrive dans l'Etat d'Acre. Situé aux confins du nord-ouest, cette région est la dernière à avoir été intégrée au pays. Là vivent les seringueiros, les soldats du latex, "saigneurs de l'hévéa" et descendants des paysans du Nordeste, recrutés par le gouvernement durant la Seconde Guerre mondiale pour fournir l'armée américaine en caoutchouc.

Exploités par l'industrie agro-alimentaire, qui les pousse à déforester et à renier leurs origines indiennes, les familles vivent en ordre dispersé dans la forêt. Dans la touffeur, le photographe fait le constat de la déforestation mais saisit aussi l'intérieur des maisons, dans lesquelles pénètre une douce lumière, des corps au travail ou au repos, dans l'abandon d'une certaine torpeur. Plus loin, c'est l'exploitation de l'hévéa, le saignement du latex, des palmes qui se reflètent dans le rio, la mangrove qui envahit l'espace. Immersion dans la forêt amazonienne, les images de Ludovic Carème, dont les noirs confinent presque au lustre, restituent à la fois le mystère, la fascination et l'acuité du quotidien de ces Indiens.

Brésils – São Paulo, Editions La Nouvelle Chambre claire, 19 x 24 cm, 128 pages, 35€
Brésils – Amazonie, Editions Xavier Barral,  19 x 24 cm, 121 pages, 35€