Benjamin Winckel

J’ai navigué sur le bateau de mes rêves

C’est très costaud, on comprend mieux l’engagement physique et mental de ces skippers. Il faut être super entraîné.

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Vainqueur du groupe boulonnais de Virtual Regatta lors du précédent Vendée Globe, Benjamin Winckel avait gagné une journée de navigation avec Stéphane Le Diraison. Son rêve est devenu réalité le 25 juin dernier, à bord du bateau Time For Oceans au large de Lorient.

«Monter sur un Imoca, le bateau de mes rêves, celui du tour du monde en solitaire, fut une expérience inoubliable… » Trois mois après cette aventure, le Boulonnais Benjamin Winckel, 38 ans, a encore les yeux qui brillent. Avec des attaches familiales bretonnes (Douarnenez) et basques (Saint-Jean-de-Luz), le jeune papa d’Hector (1 an) et de Carl (6 ans) ne regrette pas, avec son épouse Alessandra, de s’être installé à Boulogne-Billancourt, en 2013. D’abord, et surtout, parce que la famille, s’est tout de suite « bien intégrée dans une ville super agréable » où il compte aussi des cousins et cousines. Ensuite, parce que les circonstances ont permis à cet ingénieur en travaux publics, responsable du centre d’exploitation des Paveurs de Montrouge, à Palaiseau, de vivre un moment particulièrement « génial » dans son loisir de prédilection, la voile.

S’il connaît bien le milieu maritime, c’est par le virtuel que le Boulonnais a touché du doigt la « réalité » du Vendée Globe en s’inscrivant au jeu Virtual Regatta sous le code spécialement créé par la Ville. « Faire partie d’un groupe, dans ma ville, c’était plus sympa », argumente Benjamin, familier du jeu en ligne. « Je n’y passais pas mes journées, je dors la nuit…, mais il faut faire preuve de régularité », sourit-t-il encore. Et de consulter tout de même, pendant les courses, des logiciels de routage pour diriger au mieux son bateau. Résultat, il s’est classé autour de la 2 000e place au classement général de la course virtuelle, sur plus de 400 000 concurrents dans le monde entier. « En février 2017, j’ai eu la belle surprise d’être invité dans les salons d’honneur de l’hôtel de ville, de rencontrer le maire et Stéphane. » Il remporte une grande maquette du bateau, au grand bonheur de son fils, et le cadeau suprême, prendre la mer, un jour, sur le bel Imoca.

En partageant les pontons avec Stéphane Le Diraison, Benjamin n’est pas tombé en terre inconnue. Ado, il naviguait avec son grand-père sur un bel Écume de mer. Il s’est frotté au dériveur, au 420, à la course de l’Edhec, au Spi Dauphine Méditerranée, etc. Alors, quand Stéphane, tenant parole, reprend contact après avoir mis en place le projet Time For Oceans, l’horizon s’éclaire. Direction Lorient. « L’équipe a été très accueillante, raconte Benjamin. Stéphane partage son expérience avec passion et naturel, il a du leadership. » On prépare la voile, et le plus dur commence. Direction le « moulin à café », le winch, qui permet de monter la voile en haut du mât. « C’est très costaud, ajoute le skipper adjoint d’un jour, on comprend mieux
l’engagement physique et mental de ces skippers. Il faut être super-entraîné. Les manoeuvres sont longues.
J’imagine ce que cela peut représenter dans les énormes vagues des mers du Sud…
» Et ensuite, le « kif » l’immédiate sensation de glisse, « impressionnante ». Stéphane Le Diraison lui laisse la barre du monocoque de 18 mètres. Surprise, il se conduit « avec une sensibilité et une précision étonnantes ». Pour la transat Jacques-Vabre, fin octobre, et le prochain Vendée Globe 2020, le père de famille s’inscrira de nouveau à Virtual Regatta avec une sensation différente, cependant. Il sera probablement l’un des seuls concurrents à avoir barré, « en vrai » cette Formule 1 des mers.