La Boulonnaise Diane Parry, n°1 mondiale junior de tennis

Après être devenue, le 27 mai dernier, à 16 ans, la plus jeune joueuse à gagner un match à Roland-Garros depuis 2009, Diane Parry a remporté les Masters juniors à Chengdu (Chine), en octobre. Aujourd’hui âgée de 17 ans, la Boulonnaise licenciée au TCBB depuis toujours termine l’année 2019 à la place de numéro une mondiale junior.

Publié le

Entre deux avions, BBI a pu rencontrer, début novembre, la nouvelle perle du tennis français dans les rues de Boulogne-Billancourt.

«Mon objectif est de continuer le tennis et de devenir professionnelle », confiait déjà Diane Parry à BBI en décembre 2014. Cinq ans et plusieurs performances plus tard, la voici, à 17 ans, à la première place mondiale junior. Présente également cette année dans le tournoi senior de Roland-Garros et de l’US Open, la Boulonnaise a visiblement atteint son but. « Cela fait plusieurs années que je travaille pour arriver au plus haut niveau, précise la jeune femme. Figurer à la première place mondiale junior constitue une belle étape. » Quatrième d’une fratrie de cinq enfants, trois grands frères et une petite
soeur, Diane commence le mini-tennis à l’âge de 5 ans au TCBB. Elle est alors élève au jardin de Solférino. « Mon père venait jouer le week-end et tous mes frères étaient inscrits au club, l’un d’eux
était classé 15/3. De mon côté, j’ai commencé le tennis en tapant sur le mur.
» Très vite remarquée pour ses facultés, elle augmente le nombre de séances par semaine et passe le plus clair de son temps raquette en main, même chez elle, avec une balle en mousse contre la baie vitrée.

DE L’OPEN 10-12 AUX TOURNOIS DU GRAND CHELEM

Après ses premiers matchs officiels vers 7-8 ans, Diane Parry participe à l’Open 10-12 dès l’âge de 9 ans,
« car elle était très douée, signale Gilles Galmisch, directeur sportif du TCBB. Elle a participé à ce tournoi pendant quatre années consécutives et a atteint les demi-finales du 25e Open en 2014. » Diane garde un excellent souvenir de ce rendez-vous boulonnais. « C’était le moment où nous nous mesurions aux meilleures de notre âge, se souvient-elle. J’ai perdu en demi-finale contre Marta Kostyuk, une des meilleures jeunes professionnelles aujourd’hui. J’avais déjà conscience à l’époque de l’envergure de ce tournoi. » Côté scolarité, la jeune Diane s’épanouit à l’école Dupanloup, avant de rejoindre le collège La Fontaine au sein de la section tennis et de bénéficier d’horaires aménagés pour se rendre au centre national d’entraînement situé également porte d’Auteuil. À l’âge de 13 ans, le volume d’entraînement augmente encore : deux heures de tennis par jour plus une heure d’exercices physiques, ce qui lui permet d’être finaliste du tournoi international Masters des moins de 14 ans. Le 23 mai 2018, elle fait des débuts fracassants chez les pros. Au tournoi de qualification de Roland-Garros, sans classement WTA et seulement âgée de 15 ans, elle bat la Croate Jana Fett, 109e joueuse mondiale au premier tour. Un an plus tard, elle bénéficie d’une invitation pour le tournoi principal et crée encore la sensation en remportant son premier match face à la Biélorusse Vera Lapko, 102e, en deux sets 6-2, 6-4. « J’ai grandi avec le tournoi de Roland-Garros. Je m’y sens chez moi », admet-elle. Depuis, Diane enchaîne les tournois juniors et seniors, notamment l’US Open, où elle ne peut se qualifier pour le deuxième tour. Mais, victorieuse à Osaka en juniors et aux Masters juniors à
Chendgu (Chine), après avoir dominé l'Ukrainienne Daria Snigur en deux manches 6-1, 6-3, la Tcbbiste occupe le rang de numéro 1 mondiale junior.

FIDÈLE À SON CLUB FORMATEUR

La tête sur les épaules, Diane sait qu’il ne faut pas brûler les étapes, afin d’éviter les désillusions.
« Quelques joueuses sont plus précoces que les autres, mais je pense qu’il ne faut pas arriver et gagner trop tôt sur le tournoi professionnel. Ce n’est pas forcément un gage de réussite car une carrière se gère sur le long terme. J’ai de la chance d’être toujours membre du TCBB car c’est un grand club formateur qui me permet d’évoluer progressivement. »

Appelée en équipe première, elle est fière de défendre les couleurs de Boulogne-Billancourt en championnat de France. « Ça fait drôle, car je joue désormais avec des joueuses pour qui je ramassais les balles. Cela fait très plaisir de voir que l’on est soutenue et attendue par son club. Et tant mieux si je peux aider ou inspirer les plus jeunes. » Et Diane Parry apprécie de pouvoir parfois souffler au domicile familial, à Boulogne-Billancourt. « J’en profite pour faire du shopping, aller au restaurant sur la Grand-Place et voir des films au cinéma avec mes amies du TCBB. » Pour cette admiratrice du jeu élégant de Roger Federer, dont elle s’est inspirée pour élaborer son revers à une main, les ambitions sont claires : « Je suis aujourd’hui classée 320e mondiale, l’objectif est d’intégrer vite le top 200 pour pouvoir jouer les grands tournois. » Et si elle devait choisir le geste d’une grande championne pour l’aider à y parvenir, elle opterait pour le service de Serena Williams, « car c’est pour moi un vrai point fort et le coup le plus important sur lequel on peut s’appuyer. Remporter facilement son jeu de service me permet d’être plus sereine ensuite. »