Paroles de boulonnais

Paul-Henri Mathieu

Boulonnais et nouveau capitaine du tennis club de Boulogne-Billancourt

C’est une ville agréable à vivre, très famille, signale le champion né à Strasbourg.

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Le champion de tennis Paul-Henri Mathieu, retiré du circuit pro fin 2017, a définitivement adopté notre ville avec sa famille il y a trois ans. D’abord inscrit au TCBB comme joueur, l’ancien 12e joueur mondial vient d’être nommé capitaine de l’équipe première.

C’est une véritable deuxième vie que Paul-Henri Mathieu, 37 ans, a commencée dans notre ville depuis qu’il a quitté le circuit professionnel de tennis en décembre 2017. Après dix-sept années passées à jouer dans le monde entier contre les Sampras, Agassi, Kuerten, Nadal, Federer…, Paulo, ou PHM, ses surnoms sur les courts, goûte à une vie de famille bien méritée à Boulogne-Billancourt. « C’est
une ville agréable à vivre, très famille
, signale le champion né à Strasbourg. Je possédais un pied à terre ici depuis douze ans que j’utilisais quand j’étais de passage pour me rendre à Roland-Garros au centre national d’entraînement ou pour le tournoi. » Avec Quiterie, son épouse, et leurs enfants Gabriel, 7 ans et Inès, 2 ans, le tennisman a définitivement posé ses valises près du marché Escudier. La proximité du stade Roland-Garros a-t-elle été un critère ? « Pas du tout ! assure-t-il. Ma femme était parisienne
mais elle a littéralement adopté Boulogne-Billancourt. La qualité de vie, l’épanouissement des enfants, le parc Rothschild…
» L’histoire entre Paul-Henri Mathieu et Boulogne-Billancourt remonte toutefois à ses plus jeunes années. Après avoir commencé le tennis vers 4-5 ans, à force de suivre son grand frère chaque week-end sur les tournois alsaciens, le jeune Paul-Henri est détecté par la fédération. « Dès l’âge de 9 ou 10 ans, je venais déjà à Boulogne-Billancourt à l’occasion des rassemblements
nationaux. Nous logions à l’hôtel Bijou près de la piscine municipale.
» Ado, il quitte le foyer familial pour intégrer le cursus sport-études à Reims puis l’académie Bollettieri en Floride, où il se perfectionne aux côtés de Xavier Malisse, Tommy Haas, Tatiana Golovin ou encore Maria Sharapova Sharapova.
En 2000, Il remporte le tournoi junior de Roland-Garros en battant Tommy Robredo en finale. « Tout
s’est enchaîné. Lors de mon deuxième Roland-Garros en 2002, j’atteins les huitièmes de finale où je perds contre Agassi. J’ai une affection particulière pour ce tournoi. Le public m’a toujours
bien accueilli.
» De la même génération que Federer et Nadal, le Boulonnais, comme beaucoup de joueurs, s’est souvent heurté à ces champions hors normes. « C’est injuste, mais ce fut aussi une chance d’avoir pu les rencontrer. » Paulo a remporté quatre tournois et accédé six fois aux huitièmes de finale
dans les tournois du Grand Chelem. En 2008, il est 12e au classement mondial ATP. Malheureusement, il doit subir une lourde opération du genou en 2011 – une ostéotomie –, qui le tient éloigné des cours pendant onze mois. Sa convalescence, sa rééducation et son retour ont fait l’objet d’un émouvant « Intérieur sport » diffusé sur Canal+. « En 2012, après un an d’absence, je me hisse au troisième
tour de Roland-Garros,
raconte-t-il, fier de cette performance. Rejouer sur le central était très important pour moi. Je me suis battu pour ça ! »

HUMBLE ET TRÈS ABORDABLE
S’il envisage aujourd’hui de créer une marque de vêtements de sport écoresponsables et fabriqués en France (Franc Jeu), Paul-Henri est avant tout membre du Tennis club de Boulogne-Billancourt depuis trois ans. On le croise sur les courts ou à la cafétéria de la nouvelle grande halle, tout sourire et toujours affûté. « Ici, tout le monde l’apprécie. Il est humble et très abordable, révèle Philippe Joliot, directeur du club. Il s’entraîne volontiers avec tout le monde. D’ailleurs, il joue toujours très bien ! Surtout, Paul-Henri participe à la vie du club et s’investit énormément ! » Après avoir joué trois saisons pour le club   boulonnais, PHM vient d’être nommé capitaine de l’équipe première. « Entraîner, c’est un stress différent, difficile émotionnellement, indique celui qui a récemment coaché l’équipe de France des 15-16 ans. Mais je suis heureux de contribuer encore à l’équipe pour les championnats de France. Le TCBB est un club dynamique avec de belles installations, qui lui donnent une nouvelle dimension. J’attache
beaucoup d’importance à l’esprit club et je peux dire qu’ici, je me sens bien.
» Pour preuve, il y a inscrit son fils Gabriel voilà deux ans et aime jouer avec lui sur les courts du site de Longchamp. Également consultant pour Eurosport, Paul-Henri Mathieu se rendra de nouveau à Roland-Garros dans quelques jours pour commenter les matchs de la quinzaine et participer au tournoi des Légendes. Son pronostic : « Je ne vais pas être original. Je vois Nadal vainqueur. »