Paroles de boulonnais

Sophie Aurenche : les bonheurs de Sophie

J'apprends tout le temps, c'est le plaisir d'être journaliste.

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Journaliste à RTL, Sophie Aurenche est sans cesse sur le pont depuis plusieurs mois, pour expliquer et transmettre. Après des journées bien remplies, cette sportive plonge avec bonheur dans les bassins avec l’ACBB ou part en balade en famille à la découverte de la ville.

"Quand j’étais petite, je voulais devenir championne de natation. Ou bien journaliste radio." Sophie Aurenche n’est pas devenue sportive de haut niveau, mais nage une fois par semaine avec l’ACBB Natation. En revanche, elle est journaliste à la radio, pas n’importe laquelle, l’une des voix bien connues de RTL.

"Active", dit-elle. Enthousiaste par nature et de par son métier, peut-on ajouter. Après un parcours sans fautes, Science Po, le CFJ (Centre de formation des journalistes), elle rejoint pour son premier poste la rédaction d’Europe 1. Le graal pour cette dernière d’une fratrie de quatre, fille d’universitaires, branchée en permanence sur la station de la rue François-1er. "À 25 ans, j’étais là où j’avais toujours voulu être." Elle y fait ses classes, devient "par hasard" journaliste spécialisée santé. Débauchée par RTL, elle anime aussi pendant quelques années "Savoir plus santé" sur France 2. Une vie quotidienne sur les chapeaux de roues : écrire ses chroniques radio, préparer les tournages, les plateaux. Elle en rit encore : "J’aime les journées bien remplies." Quand l’émission télé s’arrête, en 2009, elle embraye, assurant l’actu de la matinale de RTL : réveil à 2 h 30, pour présenter tous les journaux. Une vie décalée. Sophie aime cette bousculade prolifique de l’information, quand ça va vite, le travail d’équipe, le direct.

Si la radio a été l’un de ses premiers rêves, elle s’est arrangée pour s’en trouver d’autres et les réaliser : elle couvre quatre Tours de France sur la moto RTL, et s’offre les J.O. de Londres avec une émission quotidienne à 8h30. Encore un réveil matinal à 5h30 ! "Passionnant. Je n’ai pas alors l’impression de travailler. En vingt ans, j’ai fait 10 métiers différents." C’est avec le même sourire qu’elle raconte avoir couvert le mariage de Kate et William et celui d’Albert et Charlène, "en robe longue obligatoire et escarpins s’il vous plaît". Pas si évident quand il faut parfois se plier en quatre pour oeuvrer…

La pédagogie au coeur du métier

L’arrivée d’une petite fille – 7 ans aujourd’hui – a sans doute contribué à un changement de rythme ; l’écolière est sportive comme maman, adepte de l’ACBB section athlétisme. Encore que… La Covid a aussi eu son mot à dire. "Ma spécialité santé m’a rattrapée. Ils avaient besoin d’une chronique pour la matinale. C’était le 15 mars, pour un mois. J’y suis encore !", sourit-elle. Toujours en direct, dès 5h. Le point quotidien sur la pandémie requiert qu’elle soit sur tous les fronts.

Dans une période où foisonnent les informations fausses ou déformées, la voix de Sophie fait référence grâce à ses chroniques précises et documentées. "L’oeil sur les statistiques, j’appelle les spécialistes, je fais de la pédagogie, j’explique, aussi simplement que possible. C’est le coeur de mon métier. Pour ça, la radio est irremplaçable." Son expertise "Covid" tous azimuts la conduit souvent sur le plateau de C dans l’air sur France 5, toujours pour décrypter. "J’apprends tout le temps, c’est le plaisir d’être journaliste. Mais ce temps-là est particulier, nous sommes au coeur d’un moment historique."

Il y a quand même des moments où Sophie se pose. Par exemple lorsque, certains après-midis, elle rallie une librairie du XVeL’Écailler. "C’est une aventure inattendue. En 2005, des amis journalistes voulaient racheter une librairie, importante pour la vie du quartier. J’ai été sollicitée, j’ai participé." Depuis, elle passe régulièrement donner un coup de main. Il n’y a pas d’argent à gagner, juste des gens et des livres. Et le plaisir du contact. Il y a d’autres moments suspendus, quand elle part avec son compagnon en balade dans Boulogne-Billancourt, qu’elle habite depuis dix ans, "le nez en l’air", pour en découvrir les pépites architecturales Art déco. Encore "une chance et un bonheur" qu’elle savoure.

Christiane Degrain