Hélène Jacqz

Hélène Jacqz fait exploser la couleur dans un lâcher-prise total ou la liberté d’expression prend alors son envol. Elle nous fait découvrir des rivages inconnus. Les mots du quotidien semblent d’ailleurs trop maladroits et lourds pour ses peintures.

Un moment essentiel des années de jeunesse d’Hélène Jacqz aux États-Unis fut sa rencontre avec le jazz. Elle y a trouvé un écho à son travail pictural, la recherche de cet équilibre fragile entre liberté et contrainte qu’on appelle l’improvisation. Le jazz se déroule dans un temps, sur un tempo déterminé et joue avec les harmonies et la sonorité. La peinture se déploie dans l’espace limité du tableau et jongle avec les formes et les couleurs. Comme dans le jazz la pureté du son, dans la peinture gestuelle, la rapidité et la simplicité du mouvement ne s’acquièrent qu’au terme d’un long et patient apprentissage. 

Quand on veut en parler, on a l’impression d’avoir des sabots aux pieds alors qu’il faudrait valser, tourbillonner, s’envoler. [...] Des jaunes, des bleus, des rouges, des mauves et des blancs d’une pureté confondante, qui dansent ensemble, s’entrechoquant parfois mais sans jamais s’écraser, sans perdre leur individualité. Jusqu’aux fines gouttelettes aspergées qui forment le cercle parfait d’un anneau de fumée ! Ses toiles sont habitées par le rythme et la lumière. Peu de peintres savent allier, avec autant de sûreté, l’équilibre et le déséquilibre, la construction et l’abandon à l’impulsivité.