Chaque année, plus de 750 000 euros sont d’ailleurs consacrés à l’investissement, à l’entretien et à la gestion des espaces verts. Cosmos, dahlias, bégonias, hibiscus et autres pétunias ravissent, depuis, les yeux des Boulonnais.
Dès le lundi 18 mai au matin, quatre équipes de jardiniers de GPSO étaient à pied d’œuvre pour commencer à planter les fleurs d’été. La première, composée de cinq jardiniers travaillant sur le secteur nord de Boulogne ; la deuxième, de six jardiniers sur le secteur sud ; la troisième, de trois jardiniers fleurissant les écoles et les crèches. La dernière, de quatre jardiniers dédiés habituellement au parc Rothschild, a également participé au fleurissement des jardinières de Boulogne-Billancourt. Elles se sont ainsi affairées à fleurir les jardinières, bacs et massifs de la ville. « Nous avons enlevé toutes les fleurs bisannuelles en fin de cycle de fleurissement, comme les pensées ou les giroflées, explique Patrick Jegou, jardinier du secteur nord. Puis, nous avons préparé le terrain, en renouvelant tout le substrat. »
Les plantes annuelles ne fleurissant que sur une année (contrairement aux bisannuelles, qui ont un cycle de vie de deux ans), elles étaient ainsi prêtes à être plantées. « Nous avons un plan à respecter, choisi par le service Parcs et jardins du territoire de Boulogne-Billancourt,précise Christophe Leconte, responsable d’équipe secteur nord. Nous commençons toujours par les plantes de grande taille, qui sont les plus visibles et, ensuite, nous venons combler avec les petites pour qu’elles ne soient pas cachées par les autres. C’est un gros travail, d’autant plus que, cette année, il y a bientôt le passage de la commission pour le label “Villes et villages fleuris”. »
Un spectacle végétal apprécié des Boulonnais
Deux campagnes de plantations sont ainsi effectuées dans l’année, l’une en mai, l’autre fin octobre pour embellir Boulogne-Billancourt de fleurs de saison. Pour cette plantation estivale, les équipes de jardiniers installent d’abord les pots en quinconce afin de voir au premier coup d’œil si le placement convient. Ils plantent ensuite les fleurs. « Elles prennent leur place quand on enlève les pots, indique Ghislain Blivet, responsable d’équipe secteur Sud. Tout se mélange, s’adapte et se dessine au fur et à mesure de la pousse. » Il regrette toutefois les incivilités de certains riverains. « Nous avons déjà eu des vols depuis le début de la plantation, déplore-t-il. Sans compter les crottes de chiens que nous retrouvons parfois dans les massifs. » La tâche est difficile, et physique. Les jardiniers travaillent près du sol et, quelles que soient les conditions météorologiques, le résultat final est toujours gratifiant. Véritables touches de couleur dans le paysage urbain, ces plantations florales attirent le regard, embellissent l’espace public et offrent aux promeneurs un spectacle végétal apprécié. « Il faut alterner les couleurs pour que cela soit harmonieux. C’est tout un art,glisse Ghislain. Les passants sont en général contents car ils veulent que leur ville soit jolie. Les gens s’arrêtent parfois pour nous parler. Certains nous demandent juste le nom des fleurs, d’autres sont plus calés et posent de nombreuses questions. »
Boulogne-Billancourt, ville fleurie
Depuis 65 ans, le label « Villes et villages fleuris » récompense les plus jolis parterres de fleurs. Ce label n’a cessé d’évoluer pour répondre aux défis contemporains, sociétaux ou environnementaux. Il repose désormais sur trois piliers : l’amélioration durable de la qualité de vie ; la préservation de l’environnement et des ressources ; la promotion et l’attractivité des territoires. Labellisée « 3e fleur » depuis 2000 aux « Villes et villages fleuris », Boulogne-Billancourt s’est vu réattribuer cette distinction tous les trois ans.
200 m2 de serres spécialement dédiés aux fleurs de Boulogne-Billancourt
Rattachées au domaine de Saint-Cloud et gérées par GPSO, les serres de Sèvres accueillent les futures plantations annuelles et bisannuelles de six des huit villes de GPSO : Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Marnes-la-Coquette, Sèvres, Vanves et Ville-d’Avray. « Pour le fleurissement estival, nous réceptionnons les jeunes plants en mars et nous les mettons en culture dans le courant du mois,explique Alain Ouvrard, responsable du pôle horticole de GPSO. Mais, dès octobre de l’année précédente, je demande à toutes les villes leurs choix de plantes afin de pouvoir les commander le plus tôt possible. » Ensuite, Alain ajuste les plannings de culture et choisit le nombre de plaques, de mottes, et gère le tout en fonction de l’arrivée des plants. « Boulogne-Billancourt est la ville qui commande le plus de plantes », confie-t-il. Les cultures sont réparties sur trois tunnels, organisées par villes, Boulogne-Billancourt ayant un tunnel de 200 m² pour elle seule.
Sous les serres, chauffées si la température descend en-dessous de 5°, certaines plantes sont plus rapides à cultiver. Leur croissance doit alors être ralentie. « Nous avons une technique de pincement qui sert à ramifier la plante,souligne Alain. Nous sommes obligés de faire cela, sinon, la plante monte et ne tient pas. » Les distances entre les plaques sont définies et l’arrosage s’effectue en fonction de la température et de l’ensoleillement : « Nous arrosons tous les jours manuellement, même le samedi et le dimanche, en fonction des besoins de chaque plante. Les bégonias et les impatiences, par exemple, n’ont pas les mêmes besoins. » Ici, aucun pesticide n’est utilisé. « On protège la nature et les employés », sourit Alain. Tout est en lutte biologique intégrée. Cela signifie que des insectes auxiliaires mangent les parasites, comme, notamment, la coccinelle avec les pucerons. Sur l’ensemble des six villes, les serres cultivent 170 variétés différentes et entre 120 000 et 140 000 plantes toute l’année. Autre atout important : cette production locale à Sèvres s’inscrit dans une démarche de circuit court, favorable à la réduction de l’empreinte carbone.

