
Paroles de boulonnais
Chantal Roland, tout pour le tennis boulonnais
Cette vie consacrée au Tennis Club de Boulogne-Billancourt (TCBB), sans doute est-ce son époux Alain qui la résume le mieux : "Chantal, c’est près de quarante ans d’investissement au club. Et la famille a suivi. Avec elle régnait une organisation parfaite, avec une certaine autorité, et elle était appréciée par tout le monde. " Alain a longtemps pratiqué le football, passionné jusqu’à fouler, à 12 ans, la pelouse du Parc des Princes lors d’un match de Coupe d’Europe entre le Stade de Reims et l’Austria Vienne avec un doublé de Raymond Kopa ! Mais, avec l’âge, des blessures à répétition l’ont conduit à troquer le ballon rond pour la balle jaune. C’est ainsi, grâce à son mari, que l’énergique Chantal a découvert le tennis avec, à l’époque, l’ACBB Tennis. Elle y adhère en 1980. Un an plus tard, elle est désignée capitaine de l’équipe 2 féminine, puis de l’équipe 1. En 1990, Chantal intègre le bureau de l’ACBB. Onze ans plus tard, elle siège au conseil d’administration du club devenu le TCBB. Longtemps vice-présidente, elle est élue présidente en 2014. Seuls des problèmes de santé l’ont incitée à ne pas solliciter un quatrième mandat. "J’ai préféré me retirer. Mais le nouveau conseil d’administration a décidé que je serai présidente d’honneur", se réjouit-elle. Chantal a vu arriver Philippe Joliot, son successeur depuis le mois de février, pour la première fois au stade Le Gallo en 1984 !
"Je suis très équipe"
Premier club de France associatif, équipé de 24 courts dont 11 couverts mis à disposition par la Ville, le TCBB doit beaucoup à sa dirigeante bénévole, par ailleurs membre du comité de direction de la Ligue des Hauts-de-Seine (1986-2024) et du Conseil supérieur du tennis à la Fédération française de tennis (2016-2020). "J’ai assisté à la progression du club, sous l’impulsion du président Dominique Agis-Garcin, grand président aussi de la Ligue des Hauts-de-Seine", reconnaît Chantal. Durant son règne, elle a connu la joie d’un premier titre de champion de France de Pro A, la première division, décroché par les messieurs en 2023 (les dames sont montées cette même année sur la deuxième marche du podium). "Ce fut ma plus forte émotion. Je suis très équipe. Pour moi, c’est sacré. Le tennis individuel m’intéresse moins. Je raisonne en termes de club. D’ailleurs, la seule fois où l’on est descendu, j’en ai pleuré."
Boulonnaise de naissance
Née à Boulogne-Billancourt en 1948, Chantal n’a jamais quitté la ville. Ni même la rue de Silly ! "Mes grands-parents paternels y travaillaient, dans la blanchisserie Ernoult, que mon père a ensuite reprise, indique-t-elle. Mes grands-parents maternels tenaient un café avenue Jean-Baptiste-Clément. Jamais on ne me fera déménager de la ville… En plus, Roland-Garros n’est pas loin." Lui aussi bénévole au club, son mari Alain reste superviseur de l’Open des 10-12 ans et organisateur des matchs de double des plus de 65 ans les jeudis. Leurs trois enfants, tout naturellement, ont écumé les courts du TCBB. Benoît, trop tôt disparu, a longtemps été très impliqué dans la vie du club. Sophie a été classée 4/6 et Virginie 2/6. Le mari et les enfants de cette dernière, installée également à Boulogne-Billancourt, manient aussi très bien la raquette : Cyprien est classé -2/6 à 17 ans et Quentin 2/6 à 19 ans. "Je suis très fière que mes petits-enfants jouent en équipe au TCBB. Même si je ne suis plus présidente, je continue de venir régulièrement dans ce club que j’aime tant et que j’ai vu changer, puisqu’il compte aujourd’hui 65 salariés, 4300 adhérents, tandis que beaucoup figurent en liste d’attente, jeunes et moins jeunes. Je suis ici comme chez moi et je me sens encore investie." Un investissement récompensé en décembre 2024, à la préfecture des Hauts-de-Seine, par la médaille d’or de la Jeunesse et des Sports, soit la plus haute distinction du ministère pour l’engagement associatif. Une distinction de plus pour Chantal, déjà honorée d’une médaille de vermeil de la Fédération française de tennis.
