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Villa de la Feuillée, située à l’angle de la rue Heyrault et de l’avenue du Général Leclerc. ©Renault Histoire

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Il y a deux siècles, naissait le nouveau village de Billancourt

Au début du XVIIe siècle, la ferme de Billancourt, située entre la Seine et l’ancienne route de Versailles, au milieu des champs et des prés, est un peu délaissée. En juillet 1825, grâce au comte de Gourcuff, tout va changer.

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En ce matin du 23 juillet 1825, une calèche tirée par deux chevaux quitte le hameau du Point-du-Jour et emprunte à vive allure la route qui mène à Versailles à travers la plaine de Billancourt. Après quelques minutes, le véhicule s’écarte de la large route pavée et suit un chemin de terre en direction du seul bâtiment d’importance de ce territoire dédié au pâturage : l’ancienne ferme monastique de Billancourt.

Bientôt, le cocher stoppe les chevaux. La porte du véhicule s’ouvre. Le passager qui en descend, un fringant quadragénaire, pose son regard sur les alentours. Çà et là, des troupeaux de vaches paissent tranquillement, tandis que des moutons se regroupent à l’ombre de quelques arbres épars. Au loin, la Seine s’écoule paisiblement. Se tournant vers les hauteurs de Meudon et Saint-Cloud, notre voyageur aperçoit les toits brillants de quelques bâtiments groupés au bord du fleuve à l’emplacement de la tête du vieux pont de Sèvres, en bois, remplacé en 1823 par le pont de pierre, édifié un peu plus en aval.

Ce paysage, il le connaît bien. Ce n’est pas la première fois qu’il vient ici. Mais, ce matinlà, le décor verdoyant empreint de tranquillité lui apparaît sous un jour nouveau. Et pour cause : il vient tout juste de signer les documents le rendant propriétaire de la ferme et des 70 hectares de terres qui l’entourent. Cet homme s’appelle Marie Casimir Auguste de Gourcuff, et il compte bien faire de Billancourt un lieu très prisé par la bourgeoisie parisienne et étrangère.

UN QUARTIER DÉDIÉ À LA VILLÉGIATURE

Né en 1780 dans une famille de l’aristocratie bretonne, le comte de Gourcuff a émigré après la Révolution française. Il a voyagé à travers l’Europe, notamment en Angleterre et en Allemagne, où il a découvert le monde de l’assurance. De retour en France, il fonde la Compagnie d’assurances générales et connaît rapidement le succès. Grâce à la fortune familiale, il fait l’acquisition d’une partie du territoire de Billancourt, alors rattaché à la commune d’Auteuil, avec l’ambition d’y créer un quartier résidentiel dédié à la villégiature des Parisiens.

Dans une brochure publiée en 1826 visant à en faire la promotion, le "Nouveau Village de Billancourt" est présenté comme réunissant tout ce qui pourra contribuer à un séjour d’agrément : des rues plantées d’arbres et bien disposées, une place publique, une église, une belle promenade déjà existante et aboutissant à la Seine. Dès lors, il découpe les terrains en plusieurs dizaines de parcelles, qu’il va mettre en vente, et aménage les voies de circulation interdites aux voitures pour préserver la quiétude des lieux. Des villas vont peu à peu être construites. Si l’expansion des usines Renault au début du XXe siècle entraîne la disparition de nombre d’entre elles, cette première opération d’urbanisme billancourtois se lit encore dans le paysage : la place Jules-Guesde et les rues adjacentes en sont les héritières.