Déjà omniprésente dans notre ville, la culture s’est encore enrichie ces dernières semaines. Le musée départemental Albert-Kahn accueille une remarquable exposition consacrée à la paix, tandis que l’Académie des beaux-arts a rouvert la bibliothèque et villa Marmottan après cinq années de travaux.
Notre patrimoine est lui aussi à l’honneur. Deux ans après avoir célébré les 90 ans de sa « maison commune », la Ville vient d’obtenir le classement de l’hôtel de ville au titre des Monuments historiques. La basilique Notre-Dame, premier édifice patrimonial de Boulogne-Billancourt, entre quant à elle dans la dernière phase de sa restauration extérieure.
Ville de cinéma et terre historique du 7e art, Boulogne-Billancourt cultive également cet héritage. Après l’ouverture du Pathé Île Seguin cet été, la Ville poursuit son engagement en faveur d’un cinéma accessible à tous avec Perce-Neige Live ! à l’espace Bernard-Palissy. Les Journées nationales de l’architecture des 17 et 18 octobre, comme les Semaines d’information sur la santé mentale, placées cette année sous le signe de l’art, ont également rencontré un beau succès.
La dynamique se poursuivra dans les prochaines semaines. La Ville s’associera au 50e anniversaire de la disparition d’André Malraux, notamment avec un cycle de conférences du Forum universitaire, et sera aux côtés du chœur La Lupinelle à l’occasion du concert anniversaire de ses 50 ans. Enfin, autre symbole fort de la renaissance de notre patrimoine, les travaux intérieurs de restauration du château Rothschild viennent de débuter. Création contemporaine, cinéma, architecture, patrimoine, musique : à Boulogne-Billancourt, la culture se conjugue dans toutes ses dimensions. Et elle n’a jamais été aussi vivante.
Avec l’inauguration du Large, l’île Seguin s’impose comme une destination culturelle majeure
« Ouverture réussie », « Un nouveau phare sur l’île Seguin », « L’art au fil de l’eau », « Un nouveau centre d’art accoste sur l’île Seguin »... L’inauguration du Large, le lundi 12 octobre, a été largement relayée dans la presse. Cet événement majeur pour l’île Seguin et Boulogne-Billancourt l’est aussi pour la France. « Il me revient l’honneur, la joie et une profonde émotion de vous accueillir en ce jour, a déclaré Pierre-Christophe Baguet ce lundi 12 octobre dans son discours inaugural. Il y a dix-huit ans, nouvellement élu maire de Boulogne-Billancourt, je faisais aux Boulonnais une promesse : celle d’une île rendue à la culture et à tous les publics. » Devant de nombreux Boulonnais et partenaires, le maire, entouré de Georges Siffredi, président du conseil départemental, et de Laurent Dumas, président d’Emerige, a coupé le ruban tricolore marquant la fin d’un long processus et le début d’une nouvelle ère pour l’île Seguin. L’émotion était palpable au moment de découvrir l’intérieur du nouveau bâtiment destiné à accueillir les plus belles collections de l’art contemporain du monde entier.
"Moteur imaginaire", la première exposition du Large, rend hommage à Renault et à ses ouvriers ; l’île retrouve les chefs-d’œuvre que Renault fit créer ici, à partir de la fin des années 1960, par Tinguely, Dubuffet, Vasarely ou Arman, dans l’enceinte même de l’usine, avec les ouvriers et leurs machines. Elles marquent le premier pas d’une nouvelle histoire. L’île Seguin se projette désormais vers son avenir.
« LE 6 JUILLET 2016, EN DEUX HEURES TRENTE, NOUS AVONS SCELLÉ ET DÉCIDÉ CE QUE VOUS VOYEZAUJOURD’HUI »
Mais cet avenir a été long à se dessiner. Le 27 mars 1992, la dernière voiture sortait des chaînes de l’île Seguin. Le démantèlement des usines n’a démarré qu’en 2004. En mai 2005, François Pinault, lassé par la lenteur des procédures, abandonnait son projet de fondation d’art contemporain. "François Pinault nous a prêté une œuvre, L’Homme pressé, qui se dresse au bout de la pointe amont, et les œuvres de sa collection nous sont ouvertes", rassure Laurent Dumas, président d’Emerige et fondateur du Large. Dès 2008, la Ville a pensé un nouveau projet, riche culturellement, beau architecturalement et équilibré financièrement, destiné à rendre l’île à ses habitants. Ce nouvel élan a permis à Emerige de reprendre la pointe amont en 2016. "Cela a commencé le 6 juillet 2016, dans le bureau de Pierre-Christophe Baguet, confie Laurent Dumas. Il y a dix ans, nous avions choisi les architectes, la programmation, et l’exigence. La parole a été tenue, ce qui est rare dans le monde dans lequel nous vivons."
LE DÉPARTEMENT DES HAUTS-DE-SEINE, SOUTIEN FIDÈLE DE LA VILLE
Le département des Hauts-de-Seine a été tout du long un partenaire fidèle de la Ville. Après La Seine Musicale, livrée en 2017 et qui accueille aujourd’hui plus de 500 000 visiteurs par an, le conseil départemental a poursuivi ses engagements : le parc départemental Gauthier-Mougin, ses 3,5 hectares et ses 26 sculptures, a été inauguré le 31 janvier dernier, et le pont Seibert, auquel le Département a apporté 12 millions d’euros, a été ouvert le 15 avril.
"Moteur imaginaire", plus de 4000 visiteurs le premier jour de l’exposition inaugurale du Large !
Des chefs-d’œuvre de la collection Renault aux artistes contemporains, l’exposition inaugurale du Large, tout nouveau centre d’art contemporain sur l’île Seguin, a ouvert ses portes le samedi 17 octobre. L’inauguration a été amplement relayée par la presse, les chaînes de télévision et les réseaux. Dès le premier jour, 4 000 visiteurs se sont approprié le lieu, véritable phare de la culture et de la création française. Le bâtiment, conçu par RCR Arquitects, prix Pritzker, qualifié par la presse de « flamboyant », suscite la curiosité des amateurs d’architecture novatrice.
"Moteur imaginaire", la toute première exposition qu’il abrite, est à la hauteur de la promesse : un vent de fantaisie, une confrontation fructueuse de générations entre des trésors de la collection Renault et des interprétations contemporaines. La thématique commune : la voiture, objet de libération, vecteur de voyages, inépuisable source d’inspiration et de respiration.
Choisir la paix. Le combat d’Albert Kahn (1860-1940), nouvelle exposition au musée départemental Albert-Kahn
Jusqu’au 13 juin 2027, à travers le parcours singulier d’Albert Kahn (1860-1940), banquier philanthrope et visionnaire, l’exposition raconte le combat d’un homme convaincu que la connaissance, le dialogue et la rencontre entre les peuples peuvent contribuer à une paix durable.
Les convictions d’Albert Kahn se confrontent aux réalités de son époque, marquée par les guerres, les ambitions nationalistes et la fragilité des institutions internationales. Les photographies et films, œuvres patrimoniales et contemporaines, objets et documents d’archives présentés éclairent les grands bouleversements du XXe siècle et interrogent, aujourd’hui encore, notre rapport à la paix.
ALBERT KAHN, LE PACIFISTE
Albert Kahn, né en Alsace, façonné par l’exil, témoin de trois guerres majeures, a pourtant placé sa confiance dans la connaissance, l’éducation et le dialogue entre les peuples pour établir une paix durable. Son itinéraire de pacifiste se construit au fil des débats qui animent la IIIe République et des conflits qui la traversent : guerre franco-allemande de 1870, Première Guerre mondiale et Deuxième Guerre mondiale. Entre 1898 et 1929, le banquier, à l’apogée de sa fortune et de sa notoriété, crée ainsi plusieurs fondations qui frappent aujourd’hui par leur modernité : les bourses Autour du monde, qui anticipent le programme Erasmus ; les Archives de la planète, vaste inventaire visuel déployé à partir de 1912 dans une Europe au seuil de la Première Guerre mondiale ; ou encore le Comité national d’études sociales et politiques. Tous les moyens furent mobilisés pour nourrir les échanges entre les nations et promouvoir l’idéal d’une paix fondée sur le droit – principe cardinal du pacifisme juridique auquel s’associa Albert Kahn.
UN DIALOGUE ENTRE ŒUVRES PATRIMONIALES ET CRÉATION CONTEMPORAINE
L’exposition mêle narration biographique et récit historique pour révéler les tensions entre les idéaux pacifistes de Kahn et de ses proches et les réalités géopolitiques, dans un contexte où les efforts pour instaurer une paix durable se sont heurtés aux ambitions nationalistes et aux faiblesses des institutions internationales que Kahn avait appelées de ses vœux dans les années 1920 et 1930. En transmettant l’héritage d’Albert Kahn, le musée qui porte son nom contribue ainsi à faire vivre une œuvre qui, bien au‑delà de son époque, continue d’inspirer notre rapport au monde et à l’altérité, et de nourrir une réflexion citoyenne sur les conditions d’une paix juste et durable. L’exposition est largement fondée sur les collections du musée départemental Albert-Kahn (photographies autochromes et monochromes, films, archives et objets), dont certaines pièces majeures, comme le film En dirigeable sur les champs de bataille, de Lucien Le Saint, récemment numérisé en haute définition à partir des bobines originales. De nombreux prêts patrimoniaux (œuvres d’arts graphiques, peinture, sculpture, archives et documentation) d’institutions comme le musée de l’Armée, le musée Rodin ou la Contemporaine viennent enrichir l’exposition. Le parcours s’ouvre ainsi sur une toile monumentale du peintre Édouard Detaille, et se clôt sur un marbre de Rodin.
250 ŒUVRES ET DOCUMENTS, ET DES DISPOSITIFS IMMERSIFS SPECTACULAIRES
Les œuvres contemporaines de Charles Fréger, Laurent Grasso, Calvin Marcus, Yan Morvan, Sophie Ristelhueber, Société réaliste, François Vermot et Luke Watson répondent aux oeuvres historiques. Une commande auprès de l’artiste franco-néerlandaise Laurence Aëgerter, une tapisserie en trois volets, inspirée d’autochromes, évoque en épilogue le jardin d’Albert Kahn et la métaphore d’un monde réconcilié. Au total, le parcours chrono-thématique en cinq parties présente près de 250 œuvres et documents sur les 600 mètres carrés de la salle d’exposition du musée. Des dispositifs immersifs et spectaculaires invitent les spectateurs à traverser le XXe siècle aux côtés des opérateurs, et à faire l’expérience d’événements historiques sans précédent. Un parcours famille, ludique et pédagogique, est également déployé à hauteur d’enfant.
- 2, rue du Port.
- Jusqu'au dimanche 13 juin 2027 (fermeture du 1er au 19 janvier, le 1er mai, et le 25 décembre). 11h-18h (octobre à mars) – 11h-19h (avril à septembre).
- Tarifs : 9€ / 6€ / Gratuit pour les moins de 26 ans.
- Tous publics : Parcours famille inclus dans l’exposition.
Bibliothèque et villa Marmottan : une réouverture éclatante
Depuis sa fermeture en 2018 pour travaux, la réouverture officielle de la bibliothèque et villa Marmottan était un moment très attendu. Elle a eu lieu le mercredi 30 septembre et a réuni les nombreux acteurs ayant œuvré pour en faire à la fois un lieu de culture, un centre de recherche et un espace d’accueil pour les artistes. L’Académie des beaux-arts, propriétaire de la bibliothèque, en a assuré la rénovation, confiée à l’architecte du patrimoine Jennifer Didelon. Le chantier a mobilisé des entreprises spécialisées dans la restauration patrimoniale, pour un investissement total de 10 millions d’euros. Les membres de l’Académie des beaux-arts sont venus nombreux pour célébrer et admirer cette spectaculaire rénovation. Parmi eux : Guy Savoy, Jean-Michel Wilmotte, Édith Canat de Chizy… Le discours d’accueil a été prononcé par Laurent Petitgirard, secrétaire perpétuel de l’Académie, compositeur et chef d’orchestre, qui a remercié le maire, les élus de la Région et de la Ville, les membres de l’Académie. Il a salué le « travail incroyable » d’Adrien Goetz, le directeur, pour la coordination des travaux. Et rappelé les partenariats avec les structures dans la ville, en particulier avec le conservatoire, qui proposera chaque mois des concerts avec ses professeurs dans l’auditorium.
Pierre-Christophe Baguet, entouré de plusieurs élus dont Guy-René Baroli et Auguste Truel, délégués à la Culture, était présent pour célébrer la renaissance de ce joyau boulonnais. « Bravo !,a commencé le maire, je salue cette réussite extraordinaire et votre ténacité pendant ces années, qui a permis de faire aboutir ce projet. Le résultat est à la hauteur. Merci de contribuer ainsi au rayonnement de Boulogne-Billancourt. » Adrien Goetz a rappelé la vocation du lieu, « de réunir des artistes, photographes, graveurs, peintres, sculpteurs, et des chercheurs passionnés par l’histoire de l’art de cette période tout comme l’était Paul Marmottan ». Il a mentionné les nombreuses nationalités des artistes qui ont été ou sont en résidence, et souligné la vocation universelle de la bibliothèque et villa Marmottan. Saluant l’implication de nombreuses bonnes volontés au cours des années de restauration, il a nommé les entreprises qui y ont œuvré, dont les équipes avaient été conviées. En conclusion, il s’est réjoui de la naissance « d’une bibliothèque et villa unique en son genre, refondée ».
PAUL MARMOTTAN
Mécène et collectionneur inspiré, Paul Marmottan (1856-1932) a hérité d’une grande fortune, venue pour l’essentiel des mines de Bruay-en-Artois. Il a conçu cette villa, ouverte sur une place mais abritée dans un jardin clos, pour qu’historiens et historiens de l’art puissent venir y travailler sur ce qui fut sa période de prédilection, la passion de sa vie, l’époque napoléonienne. Il y a rassemblé 6 000 estampes et dessins, une bibliothèque de sources et de témoignages de première main, une importante documentation, qui n’a cessé de s’enrichir et qui compte aujourd’hui quelque 20 000 ouvrages.
LA BIBLIOTHEQUE
Véritable lieu de résidence et de création, la bibliothèque et villa Marmottan, dirigée par Adrien Goetz, membre de l’Académie des beaux-arts, accueille des artistes et chercheurs soutenus par l’Académie. Elle ouvre également ses portes au public à travers des expositions, concerts, colloques et conférences, ainsi que des visites guidées hebdomadaires, sur réservation, pour faire découvrir ses intérieurs historiques et rencontrer les artistes en résidence dans son jardin.
La réouverture de la bibliothèque et villa Marmottan s’inscrit dans la stratégie mise en œuvre depuis 2017 par son secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard, d'un soutien plus large aux résidences, à la création et aux lieux culturels dont l’Académie a la charge : ce lien entre création et patrimoine, c’est l’esprit même de Paul Marmottan, au début du XXe siècle; c’est aussi celui qui anime aujourd’hui l’Académie des beaux-arts, pleinement dans son rôle ici : encourager la création et la vie intellectuelle."
Adrien Goetz, de l’Académie des beaux-arts, directeur de la bibliothèque et villa Marmottan
Programmation de l’auditorium
• Jeudi 5 novembre à 20h : Année 1840 : Robert & Clara Schumann. Récital de Lieder. Robert Schumann : Liederkreis : Frauenliebe und -leben. Clara Wieck : Romance ; Lieder. 24 € / 10 €. Gratuit pour les -10 ans.
• Vendredi 20 novembre à 19h30 : Quand le vent murmure à la mer. Les professeurs en scène. Charlotte Sohy : Triptyque champêtre op. 21 pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe. Claude Debussy : Sonate pour flûte, alto et harpe. Tōru Takemitsu : And Then I Knew ’Twas Wind pour flûte, alto et harpe. Jean Cras : Quintette pour harpe, flûte, violon, alto et violoncelle. 9,50 €/6 €.
• Mardi 24 novembre à 20h : récital de violoncelle et piano. Ludwig van Beethoven : Sonate n° 9, op. 47, « à Kreutzer » (transcription de la « sonate à Kreutzer » pour violon et piano). Cyprien Lengagne : Dialogues. César Franck : Sonate pour violoncelle et piano en la majeur. 24 € / 10 €. Gratuit pour les -10 ans.
- 7, place Denfert-Rochereau. Réservations sur crr-bb.seineouest.fr
La Ville obtient le classement de l'hôtel de ville comme Monument historique
Chef-d’œuvre de l’architecture des années 1930, fruit de la collaboration entre Tony Garnier, célèbre architecte lyonnais, Grand Prix de Rome en 1899, l’architecte Jacques Debat Ponsan, et le maire André Morizet, l’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt a été classé Monument historique après l’avis favorable de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture. Inauguré en 1934, ce monument d’avant-garde, porteur de tous les caractères de la modernité, avait déjà vu la qualité de son exécution reconnue en 1975 avec son inscription sur la liste supplémentaire des Monuments historiques. Celle-ci constitue le premier niveau de protection d’un monument. Pour marquer les 90 ans de la mairie, la Ville avait organisé une grande exposition en 2024 et 2025 et demandé son classement au titre des Monuments historiques par délibération au conseil municipal du 7 décembre 2023.
AVIS FAVORABLE LE 10 SEPTEMBRE 2026 DE LA COMMISSION NATIONALE DU PATRIMOINE ET DE L’ARCHITECTURE
Ce classement à l’échelon le plus élevé demandé par la Ville est décidé par arrêté du ministre de la Culture, après deux avis des Commissions nationale et régionale du patrimoine et de l’architecture. Ainsi, le dossier de l’hôtel de Ville de Boulogne-Billancourt a été présenté à la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture (CRPA) Île de-France du mardi 3 décembre 2024. Puis, la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture a donné son avis favorable à l’unanimité, le jeudi 10 septembre 2026. Incluant droits et devoirs, ce classement permet notamment d’obtenir une expertise technique et des financements pour sa restauration. Les nécessaires travaux de réhabilitation pourront être lancés dans le respect de sa construction.
CHEF-D’ŒUVRE DE MODERNITÉ, MÊME APRÈS 90 ANS
Quand il ouvre ses portes au public en juillet 1934, le nouvel hôtel de ville incarne pleinement l’union de Boulogne et de Billancourt, réunies huit ans auparavant. Déjà qualifié de chef-d’œuvre par ses tout premiers visiteurs, le bâtiment avait été commandé par le sénateur maire André Morizet, qui avait eu la brillante idée de choisir le centre géographique de la ville comme emplacement. Tout aussi remarquable a été sa décision de confier son édification aux architectes Tony Garnier, Grand Prix de Rome en 1899, et Jacques Debat-Ponsan. Dès 1925, André Morizet convainc son conseil municipal de l’intérêt d’une nouvelle mairie. Il expédie une délégation en Belgique, où elle découvre l’organisation la plus rationnelle possible des services municipaux. La délégation poursuit son travail à Lyon pour voir les réalisations de Tony Garnier, à qui André Morizet confie très vite le projet. Les esquisses de l’architecte, conservées aujourd’hui aux Archives municipales, montrent déjà les contours de l’édifice final. Deux parallélépipèdes accolés, l’un dévolu aux services municipaux et l’autre, destiné aux réceptions et aux bureaux des élus, constituent toujours aujourd’hui l’hôtel de ville. Les hautes fenêtres, la pierre rosée de Comblanchien et l’entrée principale, monumentale, concourent à la noblesse du bâtiment des réceptions voulue par le sénateur-maire et l’architecte. Les salons d’honneur forment un seul et même espace long de 50 mètres, haut de 10 mètres et sont décorés de feuilles d'or apposées sur les parois hautes et du marbre noir Golzinne pour le soubassement. Le bâtiment dédié aux services municipaux et à l’accueil des citoyens s’organise autour du grand et large espace du hall des guichets, 65 mètres de long, 28 mètres de large et 22 mètres de haut. Trois coursives en encorbellement desservent les bureaux dans les étages. Un espace magnifique et baigné de lumière naturelle.
La Ville soutient l’Institut Tony-Garnier et ses initiatives pour faire inscrire l’ensemble de l’œuvre de l’architecte à l’Unesco, lui offrir une reconnaissance internationale
De son côté, l’Institut Tony-Garnier a noué un partenariat fort avec la Ville. Cela s’est traduit notamment par l’appui de Boulogne-Billancourt à la démarche de constitution du dossier d’inscription à l’Unesco, mais aussi lors du 90e anniversaire de la construction de l’hôtel de ville. Depuis, la Ville expose au rez-de-jardin de la mairie des photos contemporaines d’Anne-Sophie Clémençon sur l’œuvre de l’architecte.
L’hôtel de ville, lieu de vie apprécié des Boulonnais
Forum des activités, Salon du livre, bal des clubs seniors, tournoi de bridge, Forum de la petite enfance, accueil des nouveaux Boulonnais, cérémonies des mariés, des bacheliers et de citoyenneté… L’hôtel de ville accueille sans cesse ses habitants. Ces derniers apprécient se rendre dans les salons d’honneur, où siègent habituellement les membres du conseil municipal. De son côté, la salle des mariages voit s’unir en moyenne 400 couples par an, et de nombreux Boulonnais se souviennent y avoir vécu un événement heureux. Dans le bâtiment, se situent aussi les Archives municipales, consultées chaque jour par des passionnés d’histoire, des professionnels des archives, des professeurs et des étudiants.







