BBI : Quelle est l’histoire du Who’s Who?
Franck Papazian : Le premier Who’s Who a été créé au Royaume-Uni, le deuxième aux ÉtatsUnis. En France, il apparaît en 1953 grâce à son fondateur Jacques Lafitte. Avec l’idée de regrouper les personnalités françaises dans un annuaire. Le Who’s Who est un ouvrage de référence où l’on est fier de figurer. Il constitue une bible pour toutes les entités ayant la nécessité de contacter les 20000 qui comptent en France. 500 nouveaux noms y entrent chaque année et 500 en sortent. Une déclinaison digitale (site internet et application) permet de consulter en ligne les 20000 biographies des personnalités présentes dans le Who’s Who.
BBI : Que faire pour figurer dans le Who’s Who ?
F. P. : Dans 90% des cas, nous sollicitons les personnes. Notre équipe de biographes source et déniche les talents. Dans 10% des cas, des candidatures spontanées de personnalités nous sont envoyées. Elles sont pour la plupart justifiées.
BBI : Comment êtes-vous arrivé à la tête du Who’s Who?
F. P. : Passionné par la transmission, j’ai créé MediaSchool, un groupe d’enseignement supérieur privé en communication. J’ai voulu aller plus loin en rachetant des titres de presse professionnelle. CB News en 2017, Stratégies en 2018 et le Journal du luxe en 2019. Cet écosystème réunissant écoles, médias et événements permet aux étudiants d’être entourés des professionnels. Quand le Who’s Who était à vendre, j’ai saisi l’opportunité pour renforcer la complémentarité entre mes médias. J’ai réveillé « la belle endormie », comme disait Antoine Hébrard, en mettant en place une nouvelle stratégie et en faire le réseau des réseaux.
BBI : En quoi consiste ce réseau?
F. P. : Nous organisons des événements pour valoriser des secteurs et des personnalités. Comme la Nuit de l’excellence avec Opinion Way, en septembre dernier, pour récompenser tout ce que la France compte de grands groupes dans diverses catégories. En mars 2025, nous avons lancé les Who’s Who d’or et récompensé les 11 femmes et 10 hommes ayant marqué l’année précédente. Au mois de novembre, nous mettons à l’honneur les nouveaux entrants en leur donnant de la visibilité. Et, en février 2026, nous allons lancer « Le grand soir des femmes d’excellence », où seront primées des femmes symbolisant l’excellence. Je veux démontrer que l’on peut réussir en France quelle que soit sa classe sociale.
BBI : Le Who’s Who original n’avait-il pas déjà cette idée de réseau?
F. P. : Quand je suis entré dans le Who’s Who en 2020, j’étais évidemment très fier, mais il ne s’est rien passé. Quand j’en ai fait l’acquisition, j’ai pensé à ces moments où j’avais envie de réseauter, de participer à des événements, de rencontrer les autres personnes présentes dans cet ouvrage. Nous en avons fait un réseau, avec une promesse de visibilité pour les membres. Créer des clubs permet de mettre en avant les personnes membres parce qu’elles jouent un rôle actif et positif dans la société. Elles s’inscrivent dans l’excellence française.
BBI : Combien êtes-vous à travailler au sein du Who’s Who? Les locaux ont-ils toujours été situés à Boulogne-Billancourt?
F. P. : Le pôle médias regroupe 90 collaborateurs, mais, pour le Who’s Who, nous sommes une quinzaine. Quant aux locaux, nous avons repris ceux de Stratégies et de CB News, historiquement basés à Boulogne-Billancourt. Lorsque j’ai racheté les deux titres en 2017 et 2018, j’ai regroupé les services supports de MediaSchool et des médias dans les mêmes locaux. Nous sommes restés, et nous sommes très contents. C’est un excellent compromis. Boulogne-Billancourt est facile d’accès, bien desservie. L’écosystème entrepreneurial est significatif. Beaucoup d’entreprises y évoluent et cela facilite les échanges. La ville est très active, bien organisée, avec des zones de tranquillité et des zones de commerces. Plusieurs collaborateurs y habitent.
BBI : Quels sont vos objectifs?
F. P. : D’abord, instaurer plus de parité. Donc, nous nous lançons dans la féminisation du Who’s Who. Ensuite, le club Who’s Who est national, mais les talents sont partout. Nous allons créer des clubs Who’s Who dans les régions. Le dernier point, ce sont les jeunes. Par définition, on entre dans le Who’s Who quand on est dans une carrière ascendante, accomplie. J’aimerais repérer leur potentiel et faire rentrer des jeunes de moins de 30 ans. Par exemple, cette année, nous en avons accepté 23. Nous avons fait un pari sur eux.

