Marcel Paul Draghi naît le 5 mai 1911 à Boulogne-Billancourt au domicile de ses parents, 52, quai de Boulogne (actuel quai Alphonse-Le Gallo). Son père, Christophe Draghi, originaire de la région de Parme, est un ancien tailleur d’habits reconverti en marchand de vin. Sa mère, Adèle Bernazzani, est boulonnaise d’origine italienne. Certificat d’études en poche, le jeune Marcel entre à 12 ans à la Régie nationale des usines Renault en tant que coursier. Il suit des formations professionnelles en cours du soir qui lui permettent de gravir les échelons : il devient apprenti tourneur, contremaître et, enfin, chef du service des fabrications extérieures. Il quitte le groupe Renault après trente-six ans de bons et loyaux services pour rejoindre une entreprise de mécanique et chaudronnerie dont il devient rapidement le président-directeur général. Il le restera jusqu’à sa retraite en 1976. Bon musicien amateur, il joue de l’accordéon dans les bals. Mais sa véritable passion est le sport : l’aviron, et surtout le rugby. Bien qu’il n’y ait jamais joué lui-même, il est séduit par les valeurs de dévouement, de ténacité et d’amitié véhiculées par ce sport. En 1957, il prend la présidence de la section rugby de l’ACBB. Quatre ans plus tard, il devient président général adjoint de l’ACBB avant d’en prendre la présidence générale en 1966 à la suite du décès d’un autre grand nom du sport boulonnais : Paul Souriau.
PRÉSIDENT DE L’ACBB ET DE LA FÉDÉRATION DES CLUBS OMNISPORTS
Marcel Draghi restera dix huit ans à la tête de l’ACBB. Sous sa présidence, le club connaît un développement très important, avec sept sections et 3 000 membres supplémentaires. L’ACBB accroît son palmarès de huit titres mondiaux et sept médailles olympiques. Son mandat est surtout marqué par cet esprit d’action collective. En octobre 1978, il organise, avec l’aide de Georges Gorse, un colloque sur les clubs omnisports. Les débats qui ont lieu mettent en évidence la spécificité de ces clubs et les problèmes qu’ils rencontrent. Un besoin de s’unir et de se revoir pour débattre de nouveau se dégage de ce colloque, et c’est ainsi que naît le Groupement national des clubs omnisports – devenu depuis la Fédération française des clubs omnisports – organisme de concertation qui regroupe aujourd’hui 650 clubs sur l’ensemble du territoire français. En 1984, Marcel Draghi quitte ses fonctions à l’ACBB mais en reste président d’honneur tout en continuant à diriger la Fédération des clubs omnisports depuis un petit bureau mis à sa disposition à l’hôtel de ville. Il reste par ailleurs très actif : il continue d’assister à de nombreuses manifestations sportives, notamment celles de « ses chers rugbymen ».
D’UNE EXTRÊME FRANCHISE
Au cours de sa longue carrière – il aimait à rappeler que sa vie professionnelle avait duré cinquante-trois ans –, Marcel Draghi a reçu de nombreuses décorations. Lauréat en 1966 d’un oscar de l’ACBB, plus haute récompense du club, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1969, puis promu officier en 1982. Il a également reçu les Palmes académiques, la médaille d’or du travail et de celle de la jeunesse et des sports. Le 16 mai 2001, il décède, à l’âge de 90 ans. Il laisse à ceux qui l’ont bien connu le souvenir d’un homme au caractère entier : jovial et disponible, il était aussi capable de terribles colères qui n’étaient que le reflet son extrême franchise. Lui qui détestait la superficialité a su insuffler à l’ACBB pendant près de trois décennies les valeurs qui l’animaient : fidélité, amitié, solidarité et, surtout, exigence envers soi-même comme envers les autres.



