De nombreuses nouveautés l’y attendent : trésors ignorés sortis des réserves, présentation de nouvelles œuvres de prestige issues de dépôts, espaces thématiques immersifs, bornes tactiles, reproductions de papiers peints d’époque, cartels pour les enfants… Un parcours accessible et pédagogique, autour de grands noms comme Jacques-Émile Ruhlmann, René Lalique ou Charlotte Perriand. Avant-goût de quelques temps forts de la visite.
Ruhlmann et l'Art Déco
C’est désormais sur l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925 que s’ouvre le parcours, événement parisien majeur qui donne son nom à l’Art déco et participe à la renommée du décorateur JacquesÉmile Ruhlmann. De nouveaux dépôts d’œuvres invitent le visiteur à découvrir son Pavillon du collectionneur et montrent tout le savoir-faire de cet ensemblier de génie. Il est à noter que ce nouvel espace a bénéficié d’un mécénat de l’Association pour la préservation et le rayonnement du patrimoine Ruhlmann. Il rassemble des chefs-d’œuvre tels que le Meuble au char ou le bureau créé pour Eugène Schueller, le fondateur de L’Oréal, mais aussi des ensembles parfois méconnus comme celui conçu pour le sculpteur boulonnais Joseph Bernard, qui bénéficie d’une nouvelle présentation et de photos d’archives. Enfin, des dessins et des plans inédits, à feuilleter sur une borne numérique, dévoilent son coup de crayon mais également les coulisses de son travail.
Les fastes des arts de la table
Autre nouveauté, ce surtout de table de 1922, de la maison Christofle, rappelle les réceptions fastueuses de sa propriétaire initiale, la baronne Gourgaud, née Eva Gebhard, mécène et collectionneuse américaine. Composé de métal argenté et de cristal, l’ensemble convoque l’imaginaire du jardin à la française. Les formes géométriques – rectangles et hexagones – ainsi que l’éclairage à l’électricité confèrent toute sa modernité à cet objet de grand luxe. Le dépôt de cette pièce, issue des collections du musée de Grenoble, a pu être concrétisé à l’initiative de l’association des Amis du musée des Années 30, qui a également financé la vitrine où celle-ci est présentée.
Un lustre redécouvert
Un lustre en verre et fer forgé de l’architecte et décorateur Pierre Petit a été redécouvert dans les réserves du musée. Ce luminaire, conçu pour l’agencement de la boutique Siégel de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, illustre l’extraordinaire savoir-faire des artistes de cette période en matière de ferronnerie d’art.
René Lalique, Daum, Schneider, Jean Puiforcat
Les créations des orfèvres et verriers de la période de l’entre-deux-guerres contribuent à diffuser les modèles décoratifs de l’Art déco. Grâce aux dépôts de généreux collectionneurs privés boulonnais, légumiers, poudrier à sucre ou encore boîte de l’orfèvre Jean Puiforcat côtoient, dans une toute nouvelle vitrine, les vases Serpent ou Penthièvre de René Lalique, un vase Daum ou encore une coupe Poissons de Schneider. Ces créations aux lignes géométriques et sobres, associées à des matériaux inédits comme le bois, la cornaline ou le lapis-lazuli, pour les pièces d’orfèvrerie, révèlent des prouesses techniques de fabrication et offrent une grande variété de motifs et de formes.
Les paquebots, ambassadeurs de l’Art déco
La nouvelle scénographie inclut un espace consacré aux décors des paquebots et aux artistes qui y ont contribué. Véritables musées flottants, les paquebots Île-de-France (1927) et Normandie (1935) sont considérés comme des fleurons de l’Art déco. L’espace invite les visiteurs à découvrir l’artisanat somptueux de Jules Leleu ou l’art du sculpteur Carlo Sarrabezolles. Pour accentuer l’aspect immersif de cette section, une photographie de la salle à manger de la 1re classe du Normandie a été reproduite en grand format, dévoilant l’esthétique grandiose des lieux.
Un parcours pensé pour les familles
Le réaménagement a été l’occasion de renouveler la médiation, en particulier pour donner au jeune public le plaisir d’apprendre et de voir autrement. Le nouveau parcours se ponctue ainsi de cartels à destination des enfants, identifiables grâce à des pictogrammes ludiques. Ces textes offrent au jeune visiteur un moyen de s’informer tout en l’impliquant activement dans son observation. Quinze œuvres ont été sélectionnées autour d’un fil conducteur – les techniques et les matériaux –, avec pour objectif de stimuler la curiosité à travers une diversité de formes.
Une médiation innovante : les bornes interactives
Développées par l’équipe des musées, deux bornes numériques ont également été installées pour enrichir l’expérience de visite et permettre d’aller plus loin dans la découverte des œuvres. La première est consacrée à la carrière et aux réalisations du décorateur Jacques-Émile Ruhlmann. La seconde borne, destinée à un public familial, propose quant à elle du contenu ludique autour de l’histoire et des décors des paquebots. Ces équipements se veulent accessibles à tous et innovants, avec toujours pour ambition de mettre en lumière le caractère exceptionnel des collections d’arts décoratifs du musée.

