"J’espère que le film attirera beaucoup de spectateurs. Et s’ils rient, ce sera pour moi la plus belle des récompenses." À 42 ans, le Boulonnais Albéric Saint-Martin accompagne actuellement la sortie de son film De mauvaise foi, une comédie pleine d’autodérision dans le style de La vie est un long fleuve tranquille ou de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? Il sillonne la France pour en faire la promotion à travers de nombreuses avant-premières, de Bourges à Strasbourg, en passant par Dax, Tours ou Guingamp. "Celle au Pathé de Boulogne-Billancourt est prévue le lundi 5 mai [à 20h30], souligne-t-il. Ce sera vraiment un moment particulier pour moi en tant que Boulonnais." D’autant que certaines scènes ont été tournées rue de l’Église et avenue Jean-Baptiste-Clément, près de Notre-Dame. "La Ville a très rapidement autorisé le tournage, indique Albéric. Un grand merci à elle, car nous avons pu boucler les plans supplémentaires pour terminer le film. Les commerçants de la rue ont également été très coopératifs, notamment la boutique Belle Amie."
Albéric a aussi réalisé la post-production dans une société boulonnaise et, ayant besoin de voix d’enfants, a fait appel à ceux de l’aumônerie pour les enregistrer au studio. "Boulogne-Billancourt est la ville de mon enfance. J’y garde de précieux et nombreux souvenirs, confie-t-il. Je la trouve très propice à la créativité artistique grâce à sa quiétude et à son environnement culturel très riche. Je pense aux expositions comme celles sur Gabin ou Romy Schneider."
Un artiste et un auteur enthousiaste dans une ville "imbattable"
Enthousiaste et talentueux, Albéric est né et a grandi à Boulogne-Billancourt. Ancien élève de Lazare-Hoche, Denfert-Rochereau et Dupanloup, il est attiré très tôt par le dessin. Petit, il réalise ses premiers dessins animés avec le caméscope de son père en filmant ses esquisses une par une. Il s’oriente naturellement vers des études d’animation dans une école de 3D à Valenciennes. "On apprend tous les aspects de la réalisation de cinéma : dessin et sculpture des personnages, décors, découpage des plans..." Mais il enchaîne finalement avec une école d’acteur et rejoint La Comédie des Ternes, une troupe de théâtre. Pendant huit ans, il foule les planches sur des pièces de Feydeau, Labiche et bien d’autres… "La scène est très formatrice, souligne-t-il. J’y ai aussi appris à diriger les comédiens."
Ce touche-à-tout a décidemment des fourmis dans les jambes car, en 2017, il crée Newpix, sa société de production sise à Boulogne-Billancourt où, cinq ans durant, il réalise des publicités pour des banques, des agences immobilières ou encore la marque Michel et Augustin. Non rassasié, il se laisse envahir par sa fibre créative et réalise Le Mari au collège, un court-métrage sorti en 2019. L’œuvre, adaptée du livre de Giovannino Guareschi, également auteur de Don Camillo, est très remarquée dans les festivals étrangers, notamment au Royaume-Uni, où il obtient trois prix (meilleur film, meilleur scénario, meilleur acteur). Après ce succès, il se lance alors dans son premier long-métrage. De mauvaise foi, une pure comédie française, raconte l’histoire de Réginald, un notaire vieille France voulant sauver son château de la ruine et empêcher le mariage de sa fille avec un fiancé prétentieux et bling-bling. Pour régler tous ses problèmes, il lorgne sur la fortune d’une comtesse mourante, promise à un jeune artiste. Pascal Demolon, acteur au visage connu, que l’on a vu dans la série Fiasco et second rôle dans de nombreux films, campe le notaire. Il partage l’affiche avec l’ex Deschiens Philippe Duquesne, mais aussi avec Herrade von Meier et les jeunes Romane de Stabenrath, Jean-Baptiste Lafarge et François David Cardonnel.
"Ce film se veut très grand public, affirme Albéric. Tout est fait pour passer un bon moment. Et les premiers retours des avant-premières sont encourageants." Les projets ? "Une comédie dystopique, et un film sur l’Aéropostale. Pour certains décors, pourquoi ne pas tourner à Boulogne-Billancourt, d’ailleurs. Ce serait génial car, pour tout ce qui touche aux années 30, Boulogne-Billancourt est imbattable."

