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Paroles de boulonnais

Pierre Gaborit, au nom de l’intérêt collectif

Conseiller municipal à Boulogne-Billancourt pendant près de trente ans, Pierre Gaborit occupe aujourd'hui la fonction bénévole de médiateur de la Ville. Cet ancien universitaire, agrégé des facultés de droit, haut fonctionnaire et avocat, met également ses compétences au service de la conciliation et du suivi de l'île Seguin.

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"Juste après notre mariage en 1968, Agnès et moi avons emménagé à Boulogne-Billancourt, rue du Chemin-Vert. Je me suis immédiatement attaché à la ville. Son ambiance village, ses habitants qui se connaissent et se parlent, ses commerçants… Allez sur les marchés et vous rencontrerez tout Boulogne-Billancourt!"  Profondément lié à sa ville, Pierre Gaborit s’engage dans la vie locale et intègre le conseil municipal, sous la bannière socialiste, de 1989 à 2008 puis de 2014 à 2020. Élu "pour servir les gens sans considération de position personnelle", il fait de l’opposition constructive son antienne. Après ses différents mandats et avoir connu quatre maires, il s'entend avec Pierre-Christophe Baguet pour endosser la fonction de médiateur de la Ville en 2020. Depuis, Pierre Gaborit règle avec efficacité les différends entre l’administration municipale et les habitants, associations, entreprises et commerçants boulonnais. Troubles du voisinage, logement, litiges financiers, conflits avec des particuliers ou des sociétés, séjour des étrangers, circulation routière, toutes les catégories de la vie publique sont concernées. "J’ai conduit plus de 300 rendez-vous et ouvert 200 dossiers dans de multiples domaines, précise-t-il. La moitié des cas ont été résolus."  Également médiateur du bruit, l’ancien élu se charge de résoudre les problèmes de tapage diurne ou nocturne. Cette volonté d’apaiser les tensions, de trouver des solutions pour l’intérêt collectif, Pierre Gaborit la met aussi en pratique depuis 2018 au profit de la partie centrale de l’île Seguin. "J’ai proposé au maire de lancer une médiation juridictionnelle, rappelle-t-il. Il s’agissait de se réunir avec les associations et les requérants individuels pour qu’ils retirent leurs recours." À la suite du décès de son ami Gauthier Mougin, alors premier adjoint au maire, Pierre Gaborit devient président du comité de suivi à la demande de Pierre-Christophe Baguet. "Il m’a dit : “tu connais le sujet par cœur, tu connais les associations, car tu étais leur avocat, tu es l’homme de la situation.” J’ai accepté cette mission, car elle relève de l’intérêt général."  Après 30 réunions de médiation, le bilan est très positif. Les associations ont suivi les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) proposées par le médiateur et Bouygues Immobilier a déposé un projet conforme à l’OAP.

"Je me suis toujours battu pour mes idées"

Si, aujourd’hui, Pierre Gaborit met, avec succès, ses compétences et ses connaissances au service de la Ville, c’est en grande partie grâce à sa riche carrière. Diplômé de Sciences Po, agrégé en sciences politiques des facultés de droit mais intéressé par le métier d’avocat, il s’inscrit d’abord au barreau de Paris avant d’opter pour être professeur des universités de Paris Nord puis de Paris X Nanterre, avant de cumuler les deux activités. En 1981, il est appelé par le ministre délégué à la Fonction publique Anicet Le Pors pour remplir les fonctions de conseiller technique. Il quitte l’université et travaille, entre autres, sur la refonte du statut général des fonctionnaires, la réforme de l’ENA et le décret sur la relation entre l’administration et les usagers. Il enchaîne en devenant conseiller juridique d’Alain Savary, ministre de l’Éducation nationale, puis directeur de la Jeunesse au Secrétariat d’État à la Jeunesse et aux Sports, où il sera à l’origine de la Carte Jeune. Ces années passées au Gouvernement permettent à Pierre Gaborit, en 1986, de se lancer lui-même en politique à Boulogne-Billancourt et de défendre l’intérêt général. "Je considère qu’il faut se battre là où l’on habite et je me suis toujours battu pour mes idées, insiste-t-il. À mon arrivée, la ville était coupée en deux. La partie bourgeoise au nord et l’industrielle au sud. Il fallait réunifier Boulogne et Billancourt, faciliter le passage entre les deux et créer un vrai centre-ville." Puis, il s’intéresse au départ de Renault et propose avec son groupe des idées de réaménagement du quartier du Trapèze. "J’ai soutenu et rendu publics mon projet de centre-ville puis celui des anciens terrains de Renault. J’ai dû me résigner à voir d’autres les réaliser. Comme souvent dans ma vie, j’avais préféré l’intérêt collectif à mon destin individuel." Mais, aujourd’hui, il participe à celui de l’île Seguin. En instaurant le dialogue entre la Ville et les associations, en essayant de trouver un terrain d’entente entre les points de vue de chacun, Pierre Gaborit remplit parfaitement sa fonction de médiateur et de conciliateur. Un rôle sur mesure. "Le jardin de la partie centrale avance bien, l’allée centrale est tracée, sourit-il. C’est une bonne nouvelle."