Les renaissances d'Hakim Arezki, champion de cécifoot

Le champion paralympique de cécifoot, récemment couronné roi d'Europe devant les siens, a Boulogne-Billancourt dans la peau depuis 2009. Le Boulonnais de 43 ans, qui a perdu la vue en Algérie, s'entraîne souvent au complexe sportif Le Gallo.

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Le rythme d’Hakim Arezki est aussi trépidant que son jeu est solide et puissant, lui qui est surnommé le « roc » des Bleus. La preuve : dénicher de précieuses minutes pour échanger dans son agenda dûment rempli s’opère entre une matinée au jardin des Tuileries pour la Fête du sport et le lancement de Septembre bouge en compagnie d’autres champions autour de la Vasque de Paris 2024, une masterclass à France Télévisions devant de jeunes Franciliens et la préparation de son intervention pour sensibiliser au cécifoot 400 élèves du lycée NotreDame de-Boulogne. Et dire que, trois semaines plus tôt, le défenseur a été champion d’Europe avec l’équipe de France, battant l’Angleterre au pied du Parlement européen à Strasbourg, le tout devant sa femme Siham et leurs deux filles, Nelya (6 ans) et Azaly-Titem (4 ans). « Elles en ont pris plein les yeux », savoure-t-il dans une formule remplie de sens.

Son destin bascule à 18 ans

Hakim Arezki ou le mouvement permanent... Maisil adore ça. A 43 ans, cet exemple de résilience partage ses journées entre le cécifoot et le groupe Accor. Réceptionniste à l'hôtel Pullman Paris Tour Eifelle, il sensibilise par ailleurs les collaborateurs à l'accueil de personnes porteuses de handicap et teste des solutions nouvelles afin d'améliorer meur accessibilité. Ce contrat aménagé lui libère du temps pour les entrainements et les compétitions. Il est égaleme,t un conférencier demandé, délivrant messages positifs et valeurs à transmettre à base de confiance et dépassement de soi, à la lueur de son histoire, évoquée dans une autobiographie, "Renaître dans la nuit". Celle d'un gamin qui a grandi dans un village de montagne de Kabylie, en Algérie, dont le destin bascule à 18 ans, en 2001 : participant pacifiquement aux manifestations lycéennes qui feront au moins 129 morts et des milliers de blessés, il reçoit deux projectimes tirés par des gendarmes. Une balle atteint sa cheville droite, l'autre explose dans sa tête et lui sectionne les nerfs optoques. Il perd définitivement la vue, quitte l'Algérie pour être sauvé et soigné, commence sa rééducation en France, dont il acquerra la nationalité.

Heureux boulonnais depuis 2009

Une reconstruction douloureuse, avant la renaissancz. Qui passe par la musique, le sport, dont le cécifoot, découvert à l'Institut nationale des jeunes aveugles, et... Boulogne-Billancourt. "J'aurais du mal à en partir, tellement je m'y sens bien", se réjouit-il./ C'est en 2009, l'année de ses débuts en équipe de FRance, qu'Hakim Arezki lie connaissance avec la ville. "J'étais accordeur de piano à Vélizy, et j'habitais chez mon père, à Vitry-sur-Seine, ce qui faisait un long traje, rembobine-t-il. je cherchais un endroit plu proche et je l'ai trouvé près de Marcel Sembat. J'ai immédiatement été à l'aiseL Ma famille apprécie aussi le cadre. Il y a tout à proximité, il règne une ambiance un peu village. On se connait les uns les autres ! Et puis, il y a de la verdure, des jardins, le parc des Glacières, que je fréquente. En plus, tout est sécurisé et accessible". 

Porter la flamme olympique à Boulogne-Billancourt, un moment inoubliable

Autant dire qu’il a été ému quand, le 24 juillet 2024, il a porté la flamme olympique à Boulogne-Billancourt. « Quel beau symbole pour moi que de courir avec elle 200 mètres boulevard de la République depuis MarcelSembat, là où j’ai découvert la ville en sortant de la ligne 9, pour me rendre à un rendez-vous. Pour ne rien gâcher, ma famille et mes amis étaient présents. » Ceux-ci ont pu le voir quelques semaines plus tard, le 7 septembre, devenir champion paralympique de cécifoot face à l’Argentine au stade Tour Eiffel à l’issue des tirs au but, lui ayant réussi le sien en début de séance. À ce palmarès s’ajoutent trois titres de champion d’Europe. Toujours aussi affûté et ambitieux, il vise les Mondiaux au Brésil en 2027 et la qualification pour les Jeux paralympiques de Los Angeles.

 

Los Angeles 2028, ultime défi ?

"LA 2028, ça pourrait être mon dernier objectif, dit le numéro 5 des Bleus, meneur d"hommes sur le terrain, à l'aise dans les duels pour bloquer le ballon à grelots de l'adversaire. Ce seraient mes quatrièmes Jeux. J'ai hâte de pouvoir défendre notre titre". Pour y parvenir, il s'entraîne avec assiduité. Au Bondy Cécifoot Club, qu'il rejoint en transports, mais aussi à Boulogne-Billancourt, en collectif ou en solo grâce au soutien de la Ville et avec l’ACBB Football où il est membre du bureau. « J’ai des créneaux d’entraînement au complexe sportif Le Gallo et au gymnase des Abondances. Je fais aussi du cardio, du vélo, du tapis. J’ai un vrai sentiment d’appartenance à l’ACBB, un club bien structuré, et j’espère que nous pourrons avancer sur différents projets », explique celui qui ne rechigne jamais à venir échanger avec les enfants dans les écoles boulonnaises lors des Semaines olympiques et paralympiques, le sourire éternellement en bandoulière.