François Lemoniz, éternel professeur de musique

Professeur d’éducation musicale au collège Dupanloup pendant quarante ans, le Boulonnais François Lemoniz a enseigné sa passion à plus de 25000 Boulonnais. Parti à la retraite sous les ovations des collégiens en juin 2024, il a, depuis, créé le Boulbi Quartet avec trois anciennes élèves, et donnera un concert le samedi 19 septembre à la médiathèque Billancourt.

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Fils de parents basques, issu d’une fratrie de sept frères et sœurs, François Lemoniz a en mémoire des images de son père au piano les accompagnant pendant une chorale : « Des chansons de Noël, des chants religieux. » Plus tard, avec l’un de ses frères guitariste, il joue de la flûte dans la station de métro Montparnasse-Bienvenüe. «  Il y règne une très belle acoustique, glisset-il. Nous jouions du jazz, du Vivaldi. C’était une belle époque, et cela nous rapportait un peu d’argent de poche. » Ses goûts ont toujours été éclectiques. Du jazz au classique, en passant par la chanson française ou le pop-rock… Cette ouverture le conduit à essayer plusieurs instruments :

« J’ai commencé par la flûte traversière à l’âge de 12ans au conservatoire de Malakoff, où nous habitions. »

Autodidacte, il apprend le saxophone ténor au début des années 1980. Il joue aussi de la guitare. La musique est son univers. Il s’y engouffre.

« Après le bac, j’ai suivi une formation de jazz au conservatoire du 6e arrondissement, retrace-t-il. Puis, j’ai intégré la faculté de musicologie avec un intérêt particulier pour les musiques du monde et la culture musicale. »

Jeune diplômé, il hésite entre l’enseignement et une carrière artistique. À cette époque, il tourne avec un groupe de salsa semiprofessionnel et rencontre un certain succès. Il débute aussi comme maître-auxiliaire dans les collèges du Kremlin-Bicêtre, du 13e  arrondissement et de Dupanloup à Boulogne-Billancourt.

« J’ai longtemps hésité, mais la naissance de mon fils m’a définitivement orienté vers l’éducation », dit-il.

Question de stabilité professionnelle. À 25 ans, en 1986, il pose ses instruments exclusivement à Dupanloup, avec beaucoup de bonheur à la clé.

« J’ai toujours apprécié les relations avec les collégiens boulonnais, confie-t-il. Ce sont des élèves agréables et curieux. Je suis surpris d’en croiser dans les rues de Boulogne-Billancourt et de voir qu’ils se souviennent de mes cours. »

Même si, au début de sa carrière, l’éducation musicale souffre un peu d’un manque de considération et de matériel, François s’investit sans compter.

« J’ai toujours voulu en faire une matière sérieuse et captivante, qui compte autant que les autres disciplines », précise-t-il.

Il invite les enfants à chanter, à participer à des ateliers de chorale ou d’ensemble instrumental, à enregistrer des disques. Nombreux sont ceux qui lui en parlent encore et connaissent par cœur les chansons maintes fois répétées. Le professeur organise de grands événements : la semaine Chopin, avec des concerts pendant les récréations sur un piano à queue loué pour l’occasion; des concerts de gospel dans la chapelle. Il monte aussi des expositions comme celle avec sa collègue d’anglais Catherine Belaue, sur le rôle de la musique dans la civilisation afro-américaine de l’esclavage au 21e siècle, afin de faire découvrir le blues, le gospel, le rap, jusqu’à U2. Son plus beau souvenir :

« Alors qu’il est presque impossible d’obtenir des places, les élèves m’en ont offert une pour aller voir Lang Lang, célèbre pianiste chinois dont je louais régulièrement la virtuosité pendant mes cours. Ils s’en sont souvenus et ce fut une très, mais vraiment très belle surprise. »

AVEC TROIS ANCIENNES ÉLÈVES, IL CRÉE LE BOULBI QUARTET

Habitant Boulogne-Billancourt depuis plus de trente ans, François y apprécie la douceur de vivre. « La ville est formidable, lancet-il. Nous avons tout à portée de main et nous nous y sentons bien, proches de nos amis et des collègues. » Pascale, son épouse, est artiste et expose chaque année lors des portes ouvertes des Ateliers d’artistes. Son fils Mario est aussi professeur…, mais d’éducation physique et sportive au collège Jean-Renoir. Le jour de sa retraite, en juin 2024, une haie d’honneur lui est réservée à Dupanloup. Ému, il retrouve ce jour-là trois anciennes élèves qui n’ont jamais arrêté la musique. Elles assistent à son dernier cours et y chantent. L’idée de faire de la musique ensemble jaillit, car elles sont toujours boulonnaises. Malgré leurs obligations professionnelles, les jeunes femmes trouvent le temps de répéter avec leur ancien professeur. Alexia est au chant, Apolline, à la guitare et Emma, au violoncelle. « Elles continuent de m’appeler Monsieur », sourit-il. Lui joue de la guitare, compose et fait les arrangements. L’ensemble s’appelle le Boulbi Quartet et propose un répertoire de chansons françaises d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi du rock et de la pop. Son prochain concert se tiendra à la médiathèque Billancourt le samedi 19 septembre à 16h. Humble, posé, toujours souriant, François a ajouté une autre corde à sa guitare. Depuis septembre 2025, il est bénévole au sein de l’association L’École à l’hôpital pour donner des cours de chant et d’instrument à de jeunes adultes en hôpital de jour à SainteAnne. Encore une façon pour lui de transmettre sa passion.