Étoile la plus proche de la Terre, le Soleil intrigue et fascine. Depuis plus de quarante ans, il occupe les journées de Nicole Vilmer, astrophysicienne spécialisée dans son étude. Pourtant, rien ne prédestinait la Boulonnaise à exercer ce métier. "L’astronomie n’était pas un rêve d’enfant, dit-elle. J’étais bonne élève et les professeurs m’ont poussée à faire des études supérieures en sciences, alors que j’aimais tout autant la littérature et les langues vivantes."
Elle intègre les classes préparatoires de mathématiques dans un lycée de Neuilly-sur-Seine, avant de s’orienter vers la physique, puis obtient un doctorat et soutient sa thèse, préparée à l’Observatoire de Paris, à l’université Paris 7. En 1980, elle étudie un an à Berkeley au Space Sciences Laboratory de l’université de Californie, avant de revenir à l’Observatoire, sur le site de Meudon. "En commençant à travailler, je ne pensais pas faire carrière ici, explique-t-elle, mais la vie et les rencontres m’ont menée à un endroit pas forcément prévu."
"Boulogne-Billancourt, une grande ville à taille humaine"
Entrée au CNRS en 1985, la scientifique est ensuite promue directrice de recherche. Elle travaille donc depuis ses débuts à l’Observatoire de Meudon. Née à Clichy dans les Hauts-de-Seine et ayant grandi à Levallois-Perret, elle choisit pourtant de s’installer à Boulogne-Billancourt en 1983. Pour des raisons de proximité avec son travail d’abord, mais aussi parce que la ville est très verte. "Ici, on a un peu l’impression d’être à la campagne, précise-t-elle. Pour les jeunes, l’endroit est idéal, il y a de la verdure et de nombreuses activités à Boulogne-Billancourt, comme le conservatoire, les sports. L’offre culturelle y est importante, avec plusieurs musées. C’est une grande ville, mais à taille humaine, avec une vie de quartier. Surtout pour les animations avec les enfants, on finit par connaître les gens. Même si j’ai changé de quartier plusieurs fois, je n’ai jamais quitté Boulogne-Billancourt parce que je m’y plais !"
Avec l’Observatoire, elle a même participé à l’élaboration du "Grand Atlas du Soleil", sorti en novembre dernier aux éditions Glénat, maison boulonnaise. Spécialisée dans l’étude des éruptions solaires et en particulier dans les domaines des émissions radio et des rayons X et gamma, elle étudie les particules qui sont accélérées au cours des éruptions solaires lors de la libération de l’énergie contenue dans le champ magnétique. Pour son travail, elle a été nommée chevalier de l’ordre national du Mérite au titre du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche en 2012.
"Le lancement de la mission Solar Orbiter était extraordinaire"
"Je travaille avec des instruments au sol, donc sur Terre, ainsi qu’avec un certain nombre de satellites, comme RHESSI. Aujourd’hui, j'analyse les données de l’expérience de la mission Solar Orbiter, mission de l’Agence spatiale européenne (ESA), en collaboration avec la Nasa." Solar Orbiter est une mission d’exploration du Soleil durant laquelle le satellite s'en rapproche le plus possible pour voir des images en détail et comprendre ses phénomènes. "Le satellite va bientôt sortir du plan où se situent toutes les planètes du système solaire : le plan de l'écliptique, poursuit la scientifique. Cela va permettre d'observer pour la première fois les pôles du Soleil. Solar Orbiter est une très belle mission. En février 2020, j’ai assisté à son lancement à Cap Canaveral, et c’était quelque chose d’extraordinaire."
Promouvoir les sciences auprès des jeunes femmes
Engagée depuis plus de vingt ans dans l’association Femmes et Sciences, Nicole Vilmer souhaite promouvoir l’image des femmes dans les sciences, mais également l’image des sciences auprès du jeune public féminin. Pour la chercheuse, il est important de sensibiliser les jeunes en se déplaçant dans les classes : "J’aime aller sur le terrain, dans des collèges et des lycées au moment des orientations pour expliquer que les études scientifiques sont importantes. Je suis même déjà allée dans une classe de maternelle ! On a besoin de scientifiques en France et il est essentiel de faire comprendre aux jeunes l’utilité de la science."
Cette année, dans le cadre de "La science se livre", l’astrophysicienne est intervenue au nom de l’association à Boulogne-Billancourt le samedi 15 février à la médiathèque Point-du-Jour pour mettre en lumière le travail des femmes scientifiques devant un public réceptif de tout âge, des très jeunes filles comme des seniors. Elle est restée ensuite pour répondre à de nombreuses questions sur les sciences, les métiers scientifiques ou les femmes dans les sciences.

