Son parcours impressionne. Stéphane Pallez est aujourd’hui l’une des rares femmes à diriger un groupe coté en bourse, dont le chiffre d’affaires 2023 atteint 2,6 milliards d’euros. Avant de prendre les rênes de la Française des jeux en 2014, cette ancienne élève de l’ENA est passée par la direction générale du Trésor et les cabinets ministériels. Elle rallie le privé en 2004, à France Télécom, puis à la direction de la Caisse centrale de réassurance (CCR). Après dix ans passés à présider le groupe FDJ, elle est reconduite en 2024 pour un nouveau mandat de quatre ans, plébiscitée par le conseil d’administration et l’assemblée générale des actionnaires. Il faut dire que le fleuron boulonnais qui loge fièrement quai du Point-du-Jour, aligne les réussites : une privatisation partielle (l’État est encore présent au capital avec 21 % des parts), une entrée en Bourse, et des acquisitions comme celle du leader européen Kindred, qui lui donnent désormais une dimension internationale.
Inoubliable balade dans les rues de la ville
Les Boulonnais l’ont découverte le 24 juillet dernier, remontant le boulevard de la République…, la flamme olympique à la main. La présidente de FDJ, important sponsor des JOP 2024, en parle avec une émotion palpable : "Une expérience qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer ! Cette communion, avec une foule boulonnaise visiblement heureuse, était unique. En plus, j’ai eu le plus beau des cadeaux : mes salariés se sont massés sur le parcours et m’ont encouragée. Imaginez ce moment, en tant que citoyenne déjà, et aussi comme cheffe d’entreprise ! "
Au coeur d'un quartier d'affaires
Dans son bureau de l’immeuble Delta, Stéphane Pallez regarde la ville alentour, "un véritable quartier d’affaires". L’ancrage boulonnais de FDJ date de 1992. "Quand je suis arrivée, le déménagement de la rue Gallieni était nécessaire, explique-t-elle. Hors de question de ne pas rester à Boulogne-Billancourt. Nous avons acquis le Delta, ce bel immeuble que nous avons totalement transformé et mis aux normes. Nous y sommes depuis 2018." Le hall, superbe, se veut ouvert sur la ville, accueille des événements, des associations, des écoles. "Ce bâtiment nous permet d’afficher sur la façade des grandes campagnes, comme celle de 2024 pour les JOP", continue la PDG. Car le sponsoring sportif fait partie, de longue date, de l’ADN de FDJ. "Nous intervenons pour l’aménagement de terrains de sport, nous sommes partenaires de différentes fédérations. FDJ est la seule entreprise membre du CA de l’Agence nationale du sport, une notable partie des mises lui est affectée", détaille-t-elle. Sponsor historique de l’équipe de cyclisme masculine Groupama-FDJ, la Française des jeux, sous l’impulsion de sa PDG, soutient depuis 2017 l’équipe de cyclisme féminine FDJ-Suez.
Des questions d'équilibre
Stéphane Pallez évoque la réussite du groupe comme une aventure collective, qui se doit de participer à l’intérêt général. On la sait très attachée à l’égalité femmes-hommes : elle a mis en place au sein de FDJ des outils qui ont permis un excellent classement de l’entreprise dans l’Index de l’égalité professionnelle. Au-delà, elle s’engage auprès du collectif de femmes entrepreneures Sista, une initiative née du constat que "95% du financement des fonds d’investissement sont attribués à des projets portés par des hommes. Il s’agit de convaincre les fonds de faire confiance aux femmes, et de le faire savoir." Impossible de ne pas l’interroger sur l’addiction aux jeux, un sujet qu’elle affronte comme une priorité qui "fait partie de notre mission. Le cœur du métier est de trouver un bon équilibre. Nous gérons pour l’État le monopole de la loterie, mais nous mettons en œuvre des jeux récréatifs de manière responsable." La stratégie déployée est diversifiée : en ligne, les joueurs sont invités à s’autoréguler, reçoivent des alertes. Plus de 10 % du budget publicitaire est dédié aux campagnes de lutte contre le jeu excessif et le jeu des mineurs. "Une récente étude sur ce sujet montre que les offres de jeu de loterie de FDJ sont les moins concernées par des pratiques de jeu problématiques sur l’ensemble du marché des jeux d’argent et de hasard", poursuit-elle. La présidente de FDJ l’admet dans un éclat de rire, elle a peu de temps pour les loisirs. Du sport sûrement, "indispensable à mon équilibre". Elle se dit néanmoins passionnée par le spectacle vivant, l’opéra, la musique. La Seine Musicale ? La réponse ne se fait pas attendre : "C’est l’une des plus belles salles que je connaisse. Tout est réussi : l’architecture, l’acoustique et la programmation."

