Christian Vignaud tombe dans la marmite du sport dès l’enfance. « J’habitais en face de la piscine, rue Heyrault, à Boulogne-Billancourt. Enfant unique de parents déjà âgés, je me retrouvais tout le temps dehors pour faire du sport, du judo sous la piscine, de la natation, de l’athlétisme. Et j’y ai pris goût. J’étais aussi scout marin. »
Il effectue son service militaire en Nouvelle-Calédonie et devient professeur de sport, maître-nageur et instructeur-commando pendant deux ans. Ayant fait des études supérieures de commerce, il est également professeur de marketing à la chambre de commerce de Nouméa et enseigne la création et le redressement d’entreprises. À son retour en métropole, il continue sur sa lancée : « J’ai intégré une société de consultants, où mon rôle était de redresser des entreprises. »
Rapidement, il crée plusieurs entreprises et fait ses premiers pas professionnels dans le sport grâce au tennis : « Je le pratiquais beaucoup au club de tennis de Longchamp, devenu aujourd’hui le TCBB. Sur place, j’ai appris qu’une usine souhaitait lancer sa balle de tennis en France et cherchait une personne pour s’en occuper. J’ai donc créé l’entreprise et j’ai lancé les balles de la marque Nassau. Je suis même parvenu à l’intégrer aux Jeux olympiques de Séoul en 1988 comme balle officielle. »
Mais, c’est au cours du redressement d’une grande salle de sport de 2 000 m² qu’il plonge dans l’univers du fitness. Dans ce club, un journaliste lui parle de l'aérobic, une activité accompagnée de musiques rythmées qui a le vent en poupe outre-Atlantique.
Au début des années 80, elle révolutionne le sport. Les Américains, plutôt habitués aux sports collectifs, découvrent avec l’actrice Jane Fonda la discipline basée sur des mouvements clairs et concis stimulant l’activité cardiovasculaire.
Avec l’aide de deux danseuses, Christian décide alors de lancer l’aérobic en France. De 6, son cours passe rapidement à 130 élèves. « C’est devenu une folie. J’ai créé l’Association française d’aérobic en 1981, dont je suis devenu le président. Et, dans la foulée, une école de formation professionnelle qui délivre des diplômes ainsi que la Fédération internationale des danses et méthodes aérobiques. »
Il s’entoure de personnalités : l’ostéopathe Pierre Pallardy, la danseuse et chorégraphe Nadine Birtschansky ou encore Véronique et Davina, encore inconnues, qui, en 1982, lancent l’émission « Gym Tonic », sur Antenne 2 et font découvrir l’aérobic au grand public.
« DONNER DU BIEN-ÊTRE AUX AUTRES, C'EST MERVEILLEUSEMENT SATISFAISANT »
Après la création d’un premier établissement parisien dans le Marais, il ouvre en 1986 Les Jardins de la forme, rue du Point-du-Jour à Boulogne-Billancourt. Chacun de ses établissements contribue à structurer la pratique de l’aérobic. L’entrepreneur rejoint en 1989 le réseau Garden Gym, absorbé en 1991 par Gymnase Club. Avec Lionel Bourillon, il fonde l’enseigne Moving et rencontre un grand succès avec 135 clubs indépendants sous licence de marque.
En 2016, le groupe est cédé et, à Boulogne-Billancourt, Moving devient Lofting. À quelques mètres de là, en 2018, le fringant septuagénaire crée une école de yoga Pilates, baptisée Bleu Pilates, et ouvre Le Zèbre en 2025, un nouveau club de Pilates Reformer, installé boulevard Jean-Jaurès.
Christian est enthousiaste quand il évoque ses clubs : « C’est mon empreinte à Boulogne. Depuis quarante ans, les Boulonnais s’y retrouvent depuis trois générations. J’ai parfois la grand-mère, la fille et la petite-fille dans le même cours. Lofting est leur seconde maison. Toutes ces familles sont presque devenues les miennes. Mes clients seconfient à moi, sans réserve, ni pudeur. Cela crée des liens très forts. »
Attaché à sa ville, il a vu son évolution : « Boulogne est vraiment allée dans le bon sens. Elle est agréable, propre et bien fréquentée. Je suis ravi d’être là, les gens sont chaleureux. La vie y est plaisante, c’est aéré et on s’y sent bien. »
Le sémillant entrepreneur est fier du travail accompli : « Finalement, la réussite entrepreneuriale, c’est bien, mais la réussite d’une vie passée à avoir donné du bien-être aux autres, c’est merveilleusement satisfaisant. Grâce au métier que j’ai choisi, je n’ai jamais eu l’impression de travailler, je me suis toujours amusé! », conclut-il.

