Paroles de boulonnais

Mauricette, 100 ans, mascotte du club Rose-Besnard

La Boulonnaise Mauricette Sizaire porte vaillamment un siècle d’existence. Elle a vu le jour pendant les Années folles, a été opératrice de télécommunications, puis commerçante, avant de devenir la mascotte du club Rose-Besnard, où elle se rend régulièrement pour le plus grand bonheur des autres adhérents et des animateurs.

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L ’égérie du club Rose-Besnard, c’est elle. Mauricette Sizaire, 100 ans le 15 juin dernier et fidèle des lieux depuis plus de quinze ans. « Je suis venue au monde le même jour que Johnny! », commente celle qui ne fait pas son âge. Elle est née dans le Nord, à Cambrai, « la ville des bêtises », ironise la Boulonnaise. Son père, militaire, se prénomme Maurice, et sa maman, mère au foyer, Marcelline. Alors, on baptise la nouveau-née Mauricette. Cette aînée d’une fratrie de cinq enfants passe sa première partie de vie à Chartres : « Ma jeunesse, c’était la guerre. Douloureux souvenirs. Ce n’était pas drôle. » À 18 ans, elle épouse le père de ses trois futurs enfants, Danielle, Alain et Claude. Mauricette, 100 ans, mascotte du club Rose-Besnard DR « J’ai accouché à Chartres sous les bombardements en 1944, raconte-t-elle.J’entendais les avions voler au-dessus de nous. » Son mari est violent. Comme Mauricette ne manque pas de caractère, elle le quitte et revient vivre chez ses parents. À 31 ans, elle doit assurer son autonomie financière. Volontaire, travailleuse, elle passe son permis de conduire et occupe plusieurs emplois.

 

« J’AI IMMÉDIATEMENT APPRÉCIÉ BOULOGNE-BILLANCOURT »

 

C’est une rencontre amoureuse qui la « transporte » dans les Hauts-de-Seine. Son nouveau compagnon y habite. « Je suis mal tombée la première fois. Avec le second, c’était beaucoup mieux  », confie-t-elle. Elle habite à Neuilly, Puteaux, Vanves. « J’ai travaillé plusieurs années au central téléphonique inter-Poissonnièreà Paris. Puis, mon ami m’a acheté un commerce de vêtements pour enfants à Puteaux, que j’ai tenu pendant plusieurs années. » En 1990, sur les conseils de sa fille Danielle, domiciliée à Boulogne-Billancourt, elle s’installe rue du Vieux-Pont-de-Sèvres. Elle y vivra de 1990 à 2018. « J’ai tout de suite aimé cette ville », lance la centenaire.

Pour elle, c’est aussi une époque agréable : « Je véhiculais mes amies pour aller danser les samedis et dimanches à Paris, au Balajo ou au club 79 sur les Champs-Élysées. J’allais au Châtelet écouter des opérettes. » Passionnée de voyages, elle a traversé toute l’Italie, visité l’Égypte, la Turquie, le Maroc, connu l’Algérie d’avant 1962 et New York, « un séjour offert par mes enfants pour mes 80ans ».

 

LE CLUB DES GENS HEUREUX

 

Habitant désormais dans un appartement de la rue Fessart, sur le palier en face de celui de sa fille Claude, Mauricette ne s’ennuie jamais. « Dans le quartier, tous les commerçants la connaissent. Comme elle voit mal, ils le savent et ils l’aident à faire ses courses, indique Claude. C’est un village autour de la basilique Notre-Dame, tout le monde s’entraide! » Une convivialité confirmée par sa maman : « Ici, on se parle, on se dit bonjour, on s’embrasse, les gens sont adorables. »

Et Mauricette a ses rituels. Tous les jours, direction le club RoseBesnard, qu’elle surnomme le club des gens heureux, situé à quelques pas de son domicile. Elle y prend son café, bavarde avec ses amis. Parfois, elle déjeune au café en face du club seniors boulonnais, dont elle savoure le tartare de saumon. «  L’été, j’aime bien me poser sur un banc du quartier et discuter avec les passants. » Son deuxième QG? « Le café près de la basilique, précise-t-elle. J’y suis très attachée. On croise toutes les générations, des mamans avec des bébés, des ados, des personnes âgées. C’est un endroit très chaleureux. » Côté physique, Mauricette surveille son poids et fait de la gymnastique : « Je m’efforce de sortir tous les jours. Si on arrête de sortir, on arrête de vivre. » Elle n’est pas près de renoncer à ses après-midis au club seniors de l’avenue Jean-Baptiste-Clément. Pour la plus grande joie de tous les habitués.