Émilie Aubry dirige et présente la célèbre émission "Le dessous des cartes" sur Arte. La journaliste, présente au dernier Salon du livre, a fait de Boulogne-Billancourt son port d’attache.
C'est au deuxième étage d’un immeuble flirtant avec la Seine qu’Émilie Aubry a fait son nid il y a déjà huit ans. "Bienvenue", lance chaleureusement cette femme qui, depuis vingt ans, rend intelligent le petit écran. Diplômée de Sciences Po, elle travaille d’abord pour la chaîne parlementaire LCP avant d’intégrer Arte en 2009. Charmante et perspicace, elle y anime successivement des émissions littéraires, politiques, environnementales, avant de prendre les rênes de "Théma" en 2012, l’émission phare de la télévision franco-allemande, puis celles du "Dessous des cartes" en 2017.
J’aime résumer mon métier en disant que je suis une passeuse. Je m’emploie à donner à voir et à comprendre le monde. Je suis une journaliste du décryptage.
Et elle y arrive. Outre un livre qu’elle vient de co-écrire avec Franck Tétart, docteur en géopolitique, naturellement intitulé Le Dessous des cartes, la naissance de la chaîne YouTube éponyme lancée il y a un an dépasse déjà les 400 000 abonnés. Ce qui ravit Émilie. "Notre public est jeune. Cette génération a grandi avec la mondialisation. Il faut leur donner les clés pour comprendre les enjeux internationaux actuels, géographiques, sociologiques, écologiques, numériques."
Expliquer la planète terre
Nonobstant un emploi du temps chargé, entre Boulogne-Billancourt et Strasbourg, où siège Arte, elle veille à se garder des moments privilégiés. "Nous sommes une famille très clanique", ironise-t-elle. Belle-mère des deux fils de son mari Jean-Philippe Moinet, et maman de leur fille, Marie, 15 ans, elle est très attachée à Boulogne-Billancourt. "Nous aurions beaucoup de mal à vivre ailleurs ! Ma fille, scolarisée à Boulogne-Billancourt depuis son plus jeune âge, y a noué des liens amicaux forts. Comme j’aime marcher, je pars souvent me promener au bois ou au parc de Saint-Cloud avec des amies qui, elles, sont boulonnaises depuis toujours", aime plaisanter la journaliste. Elle apprécie la vitalité de Boulogne-Billancourt, imprégnée d’une indéniable douceur de vivre. Le musée des Années 30, le cinéma, les bords de Seine, les parcs, elle les fréquente dès qu’elle le peut. Inconditionnelle des voyages, ses étagères supportent diverses mappemondes. "J’arrête d’en acheter, sinon nous serions envahis !" Raymond Aron, de Gaulle, des atlas et des livres côtoient ses globes terrestres. La Boulonnaise a une passion pour la littérature des XIXe et XXe siècles, "la narratologie de Flaubert mais également Camus, Modiano, la littérature anglaise". Elle aime la famille, les voyages, les livres… le savoir en fait. Rien d’étonnant à l’entendre dire :
Je ne pouvais espérer meilleur voisin qu’Albert Kahn ! Ce philanthrope qui, toute sa vie, a cherché à faire découvrir le vaste monde. Avoir ce magnifique jardin japonais à proximité est juste magique. J’adore être la voisine d’Albert Kahn !
Un demi-siècle après le banquier alsacien, Émilie Aubry travaille à sa façon, plus modestement, non plus avec des ektachromes mais via des logiciels, à expliquer la planète Terre. Encore une fois, depuis Boulogne-Billancourt.

