Comme les autres porte-drapeaux des associations d’anciens combattants de Boulogne-Billancourt, Marie Bille joue un rôle essentiel dans la vie commémorative de la ville. Elle représente une tradition française, ancrée et immuable, que de nombreux pays nous envient. Avec ses collègues, qu’elle
aime retrouver à chaque cérémonie, elle porte les couleurs de la France et de son association. « Je suis fière de porter ce drapeau car il s’agit de l’ordre national du Mérite créé par le général de Gaulle, explique Marie. Je suis présente à toutes les cérémonies de Boulogne-Billancourt bien sûr, mais aussi au ravivage de la flamme sous l’Arc de triomphe, à la cérémonie de la Grande cascade du bois de Boulogne et à d’autres dans les Hauts-de-Seine. Je trouve que nous devons perpétuer le respect dû aux morts pour la France. C’est donc toujours avec plaisir que je me rends aux commémorations. ».
Née à Montauban en 1953 de parents ayant fui la guerre d’Espagne, Marie grandit dans un environnement familial et local où la solidarité est omniprésente. « Nous nous entraidions beaucoup entre voisins et amis, se souvient-elle. À la cantine, chacun apportait des produits de la ferme. » Bac en poche, elle rejoint la capitale pour intégrer l’école d’infirmières de l’hôpital Tenon. Diplômée en 1976, elle est affectée au service de pédiatrie de l’hôpital Ambroise-Paré et emménage à Boulogne-Billancourt. « Je soignais les prématurés, les nourrissons, les adolescents. J’ai aussi travaillé aux urgences pédiatriques. Les équipes étaient très soudées et évoluaient dans un bon état d’esprit, ce qui nous permettait de travailler efficacement. Comme le jour où nous avons accueilli des enfants cambodgiens traumatisés par le régime khmer rouge. » Après vingt ans à l’hôpital boulonnais, Marie est mutée au Samu social de Paris sous la responsabilité de Xavier Emmanuelli, alors secrétaire d’État chargé de l’Action humanitaire d’urgence. « Comme à l’hôpital, j’ai beaucoup apprécié le travail au Samu social, indiquet- elle. Soigner tout le monde, sans distinction, être là pour les urgences, aider les personnes aux parcours de vie compliqués, sans préjugés et sans les forcer, ont été des missions particulièrement enrichissantes professionnellement et humainement. »
C’est toujours
avec plaisir que
je me rends aux
commémorations
Après ces nuits intenses, Marie apprécie le calme de Boulogne-Billancourt. « Une ville tranquille, très jolie et bien fleurie, décrit-elle. Les Boulonnais sont très agréables, pas du tout agressifs. Quand on voit les informations télévisées, je me dis que nous y sommes très bien. » Très attachée à l’environnement, Marie s’engage un temps pour la sauvegarde de la tranquillité et mène un combat contre les nuisances engendrées par les survols des hélicoptères. Car elle aime se promener au calme dans sa ville, emprunter les nombreux transports en commun : « On peut très bien vivre sans voiture à Boulogne-Billancourt. » Et flâner dans les parcs des Glacières ou à l’AP-HP, Marie a très rapidement voulu jouer un rôle au sein de l’ANMONM. Devenue porte-drapeau, elle est la seule femme à tenir ce rôle parmi les différentes associations d’anciens combattants de Boulogne-Billancourt. Elle tient à cette mission, en mémoire de ses oncles morts en Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale ou de son frère Noël, qui a combattu en Algérie : « Je porte le drapeau comme ils ont porté les armes. Mais je le porte aussi pour tous ceux morts pour la France. »
J’aime
voir les enfants
prendre la relève
comme porte-drapeaux
aux cérémonies
organisées à
Boulogne-Billancourt
Voyages et visites de lieux de mémoire
Depuis plus de vingt ans, elle apprécie retrouver ses homologues, chanter La Marseillaise et transmettre ses valeurs aux enfants. Elle est aux côtés de la Ville pour encourager et faire participer les plus jeunes aux cérémonies, notamment comme porte-drapeaux. « J’aime voir les enfants prendre la relève. Ils sont conscients qu’ils doivent leur liberté aux combats de leurs aînés. Il est important pour eux de participer aux cérémonies et de comprendre l’histoire. » Marie a d’ailleurs très souvent accompagné, avec Robert Créange, des élèves boulonnais lors de voyages ou de visites de lieux de mémoire comme le
musée de la Grande Guerre de Meaux, le camp de Struthof, le Chemin des Dames, Verdun et les forts de Douaumont et de Vaux, sans oublier le domaine de La Boisserie, maison familiale de Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises.

